2021-02-27 15

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   Impressions de vacances douces-amères, mi figue mi raisin...
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   D'un côté, j'aime la ville de mes vacances, de mon enfance ; je la connais par cœur, je m'y sens chez moi ! Ici il y a mon boulanger, là on trouve le meilleur gâteau Basque de la région (au marché, en face de chez Chaillat), là bas je me fournis en macarons (chez Adam), ici je prend une glace (chez Regaliz), là une brioche (Loubère) ou une patisserie (Miremont), sans oublier les délicieuses charcuteries du marché (Chez Chaillat)... plus loin, la librairie où j'aime fouiner (Bookstore, puis le masion de la presse), le magasin de souvenirs qui vend toujours les mêmes coffrets en coquillages depuis la nuit des temps (celui près de la plage du Port vieux), le lèche-vitrine des rues piétonnes... Sans oublier les passages obligés des vacances : le musée de la mer et sa pieuvre (fermé hélas en ce moment), le rocher de la vierge (fermé aussi, pour travaux cette fois), les trois plages (ma chouchou c'est la Côte des Basques, mais il semble qu'elle existe de moins en moins, bientôt elle aura totalement disparu, engloutie par les vagues. Ensuite, ce sera au tour de la falaise de disparaître, malgré les efforts de la municipalité...)
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   2021-02-23 14J'arpente les rues familières avec allégresse, contente de humer l'air du large, de retrouver le paysage familier et ses commerces. Mais bientôt les ennuis commencent : tiens, il y a une nouvelle boutique, il y avait quoi avant déjà? Et là, un magasin que j'aimais bien a fermé, mince... Mon QG préféré près du marché, à la fois café-papeterie-jourbaux-livres (Hugo Shop), n'a toujours pas retrouvé preneur, le local reste vide... Et les cafés sont fermés, fini les cafés en terrasse...
   A tous les coins de rues, je suis assaillie de souvenirs, des pensées automatiques qui s'invitent sans que je les invoque : des souvenirs cocasses, des souvenirs romantiques, des rencontres inopinées, des premières fois... J'en crée toujours de nouveaux chaque année, mais les vieux souvenirs ne se laissent pas oublier si facilement, ils se superposent aux anciens ; tout cela finit par m'encombrer. La ville entière m'envoie des signes et cherche à me replonger dans mon passé plus ou moins récent.
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   Je me dis que ça doit être bien de ne pas avoir de maison de famille, d'être sans attaches : on peut partir en vacances où on veut, dans des endroits inconnus où tout reste à découvrir, des terres vierges qui ne sont pas "chargées" en émotions, nostalgie, ou regrets...
   Là je suis condamnée comme une âme errante à revenir encore et encore sur les lieux de mon crime sans espoir d'y échapper ; car il faut bien s'occuper de cette maison, l'habiter un peu, la faire vivre... La maison entière m'absorbe avec tous ses fantômes du passé qui s'y pressent : les copines, les soupirants d'un été, les cousins, les parents qui crient à table et attends 2h apres le repas avant de te baigner, les grandes-tantes hors d'âge... Une maison encombrée d'albums photos d'un autre temps, de babioles, de bricoles, de breloques en tout genres plus ou moins rouillées, de papiers entassés sur plusieurs générations... Je recule devant la tâche qui nous attend : trier, ranger, jeter... C'est presque de l'urbex !
   Je renonce, je ne fais que passer, juste le temps des vacances ; priorité au plaisir !
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 2021-02-27 12  Heureux ceux qui fréquentent les Air bnb, les hôtels : ils voyagent léger, arrivent et repartent avec leurs valises ou leurs affaires sur le dos, vivent dans des lieux éphémères qui ne représentent rien pour eux, ils repartent sans se retourner...
   Alors que moi j'ai un pied ici, un pied à Paris, et une vie écartelée.
   Même si j'aime avoir des racines, être ancrée dans une culture, et pouvoir dire, assez fiérote quand on me demande d'où je suis : je suis du pays Basque !
   - Je sais bien en réalité que je ne suis pas une vraie basquaise : je ne parle pas un traître mot de cette langue compliquée, en parisienne immigrée depuis toujours...
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   Il me reste un goût immodéré pour le gâteau Basque, le piment d'espelette, le fromage de brebis, le jambon Serrano... et pour l'océan, toujours changeant, se fracassant sur les falaises qui s'effritent d'années en années, offrant un spectacle magnifique en toutes saisons : tempêtes, couchers de soleil et surfeurs en action, parfois le tout en même temps ! ☀️
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