carnet bleu.

   Hier, je disais qu'il ne m'arrivait plus rien, mais ce n'est pas tout à fait vrai ; il m'arrive encore de minuscules aventures. Il me faut les savourer à leur juste valeur, en attendant le retour des Aventures avec un grand A !
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   Quand je fais des courses (oui, je sais, ça ne fait pas rêver 😉 ) je ne peux pas m'empêcher de faire un tour au rayon papeterie. Plus exactement, je regarde les bics 4 couleurs (mais je les ai déjà tous), et les carnets (ce ne sont pas mes amis auteurs qui me contrediront, on en a tous, pour plein d'usages... — Par exemple, j'en ai un par projet d'écriture (inachevé), ils s'entassent, abandonnés et prenant la poussière, et me regardent avec désapprobation quand ils entrent dans mon champ de vision)
   Le rayon papeterie, c’est ma récré entre les yaourts et les fruits (miam les fraises en ce moment !) Et là, je le vois : c'est un tout petit carnet de rien du tout, un carnet de fond de sac, pour noter des listes de courses, des adresses... des trucs qui sinon se perdraient et détonneraient dans mes autres carnets. Hop, il rejoint les yaourts, les fruits et le reste dans mon caddie.
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   Au moment d’encastrer le caddie dans ses « frères » (cette orgie permanente 😉 ), après avoir payé et tout entassé dans mon sac à dos, catastrophe, je vois que le petit carnet est resté au fond, oublié. Déception.
   J'avise un vigile :
   — Je suis désolée, j'ai oublié de le mettre sur le tapis roulant de la caisse, et là je n'ai pas le courage de refaire toute la queue juste pour lui, je peux vous le donner ?
   Il considère l'objet insignifiant d’un œil appréciateur et me fait un geste vague de la main.
   — Gardez le ! C'est cadeau !
   — Oh merci !
   J'emporte toute contente mon carnet au milieu de mes victuailles (j’ai un peu peur de « sonner » en passant le portique, mais non, ouf)...
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   Maintenant, je vais devoir lui trouver un plus noble but que la liste des courses ou des "to DO", vu notre « rencontre » ; noter des pensées philosophiques, au moins 😉
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