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   Cette année, le réveillon de Noël est étrange, son homme passe le réveillon avec sa famille, elle se retrouve seule.
   Enfin, pas tout à fait, elle a invité son soumis, il s’active en cuisine pour lui préparer un festin. Il a déjà dressé la table, disposé des fleurs, des bougies… Elle ne s’occupe de rien, à part du choix de sa robe et de la musique d’ambiance. Elle est vite prête et l’appelle : elle a faim !
   Il se présente, les bras armés de plats variés décorés artistiquement, comme dans les plus grands restaurants. Il est superbe en costume-cravate, très élégant à sa demande. Elle ne le reconnaît plus, habituée de le voir simplement vêtu d’un pantalon de cuir, avec son collier autour du cou.
   Il fait mine de se mettre à ses pieds, elle le retient.
   — Ce soir, j’ai envie que tu sois assis en face de moi !
   Il débouche la bouteille de champagne et remplit deux coupes. Ils trinquent en se regardant dans les yeux, elle est heureuse de ce moment à deux inespéré, cette longue soirée qui les attend... Vive le couvre-feu qui l’oblige à rester toute la nuit !

   Les plats se succèdent, tous froids, hors de question qu’elle soit seule pendant qu’il sue en cuisine ! Saumon, foie gras, gambas, salades variées, verrines… Elle s’amuse à lui demander à se déshabiller au fur et à mesure, pressée de retrouver son soumis nu et offert, au lieu de ce soumis mondain un peu emprunté. D’abord la veste, et puis la chemise, le pantalon… un lent striptease pour le plaisir de ses yeux. Elle ne lui laisse que la cravate et son boxer. Tout à l’heure, elle lui demandera de danser pour elle, pour l'amuser. Elle va bien rire, elle sait qu’il déteste se donner en spectacle ! Elle va le désirer aussi, c’est certain, elle se jettera sur lui quand elle n’en pourra plus...
   Elle le veut plus proche d’elle, il est trop loin là, de l’autre côté de la table, hors de portée, elle peut à peine le toucher du bout des doigts. Elle le prive de dessert et l’invite à s’agenouiller à ses côtés pendant qu’elle déguste son délicieux sorbet citron. Elle lui tend parfois une cuiller de glace ou ses lèvres fraîches à embrasser, selon sa fantaisie, avant de s’asseoir sur le canapé avec sa coupe de champagne. Elle lui réclame un massage des pieds, ce sera agréable, avant d’enchaîner ! Elle a plein d’idées…

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   Contre toute attente, elle est prise d’une bouffée de nostalgie, son homme lui manque. C’est la malédiction des polyamoureuses, il en manque toujours un ! Elle s’efforce de chasser ces pensées, elle le revoit demain, elle doit profiter de son soumis qu’elle ne revoit plus de sitôt ensuite.
   Elle est tirée de ses rêveries en voyant la mine de son soumis. Il lui sourit malicieusement, on dirait qu’il lui cache quelque chose, un mauvais coup peut-être, un comble ! Son sang ne fait qu’un tour, elle va tirer les choses au clair. Elle tire vivement sur sa cravate pour qu’il s’approche encore. Elle se penche vers lui, l’embrasse passionnément avant de mordiller ses lèvres, de plus en plus fort, jusqu’à ce qu’il gémisse, de souffrance ou de plaisir.
   — Toi, tu me caches quelque chose, ne le nie pas, je lis en toi à livre ouvert ! Dis-moi tout, je t’écoute !
   Le pauvre soumis rougit, se tortille, partagé entre sa loyauté envers sa maîtresse et un secret qu’il ne peut trahir. Elle tire plus fort sur la cravate, l’étrangle à moitié, et empoigne ses cheveux pour renverser sa tête en arrière. Elle plonge ses yeux dans les siens.
   — Si tu tardes trop, il t’en cuira, tu peux me croire !
   La sonnette de l’entrée sauve le soumis in extremis ; il respire, soulagé, tandis que sa maîtresse sursaute.
   — Je n’attends personne, qui ça peut être ? Les éboueurs, pour la vente du calendrier ? Ou mieux, les pompiers… Je reviens !
   Elle prend son argent et ouvre la porte, pressée de renvoyer l’importun et retourner soumettre son soumis à la question ; elle n’en a pas fini avec lui.

   Elle ouvre et étouffe un cri, le sol se dérobe sous ses pieds. C’est lui, l’homme de sa vie, son maître, son amour...
   — Mais… tu ne devais pas fêter le réveillon dans ta famille ?
   — C’est comme cela que tu m’accueilles ! Avec des questions ?
   Elle lui saute au coup avec un temps de retard. Elle bredouille des excuses, elle est si surprise… elle est heureuse, bien sûr ! Mais embarrassée aussi par son soumis à demi nu agenouillé près du canapé. 
   — Si, si je suis super contente ! Mais, heu, tu te souviens, j’ai invité mon soumis du coup, je t’en avais parlé…
   Il rit devant son air contrit et la transperce de son regard taquin.
   — J’arrive à temps pour le dessert j’espère, et le champagne, vous m’en avez laissé ?
   Elle l’invite à s’assoir à table et s’installe en face de lui. Elle se tourne vers son soumis et claque des doigts. Il bondit sur ses pieds et s’affaire aussitôt, il ajoute une assiette, une coupe, leur sert le champagne, les glaces… avant de s’agenouiller près de sa maîtresse.
   Elle trinque avec son homme à présent, caressant distraitement la tête de son soumis, les pensées en effervescence. Le fou rire menace, que va-t-elle faire de ces deux garçons réunis ?
   — Et lui, il n’a pas le droit au champagne ? fait son chéri en le désignant son soumis d'un signe de tête.
   Elle s'apprête à emplir sa coupe quand il interrompt son geste.
   — Non, tu lui en donneras directement de ta bouche.
   Elle se penche vers son soumis, les idées en feu, et déverse une gorgée de champagne entre ses lèvres, troublée de l’abreuver directement de sa bouche, sous les yeux de son homme. Ses joues cuisent, le désir lui tord le ventre. Elle comprend qu’elle n’a plus son libre arbitre, elle est aux ordres de son maître bien-aimé, qu’il use d’elle selon son bon plaisir ! Elle est curieuse de la suite des événements, des intentions de son maître : elle va devoir le sucer peut-être, pendant que son soumis la lèchera ou lui fera l'amour, ou il la prendra fort pendant qu’elle enlacera son soumis et le serrera à le briser, enfonçant ses ongles, ses dents, dans sa peau tendre…

   Il a visiblement d’autres projets. Il lui fait un clin d’œil.
   — Je te connais, ma douce domina, tu es toujours pressée... mais je ne suis pas soumis moi, et nous avons toute la nuit avec ce couvre-feu ! Alors pour une fois, tu ne vas pas faire uniquement ce que tu veux, mais un peu ce que je veux aussi ! Je te promets encore plus de plaisir à la clef ! Pour cela tu dois d’abord lâcher prise…
   Il se lève et lui noue un foulard autour des yeux, l’aveuglant complètement. Il change la playlist, fini l’electro qui donne envie de danser, place à une musique envoutante, et vaguement inquiétante.
   — Joyeux Noël ma chérie ! Chut… je ne veux plus t’entendre, la séance a commencé.
   Quatre mains se posent sur elle en même temps.

   Les photos sont vraies, l'histoire est fausse ;-)