2020-09-17 15.

   La semaine dernière, je suis partie en reportage pour les Goûters ;-)

 

   Il fait encore beau en ce milieu du mois de septembre, l’été se prolonge. Un ami me fait une proposition irrésistible : et s’il venait m’enlever sur sa moto, en un clin d’œil on se retrouverait au fond du bois de Vincennes, direction l’espace naturiste ! Il sait trouver les mots pour me convaincre : c’est une nouvelle expérience, et c’est ma dernière chance ; il va bientôt pleuvoir. Ma curiosité de blogueuse se réveille, je n’hésite pas longtemps !

   Il y a d’abord le plaisir du voyage en moto : voler entre les voitures comme si les embouteillages n’existaient pas, sentir la vitesse au creux de son ventre, et bien s’accrocher au pilote ; ma vie en dépend !  
   Il arrête son bolide, je suis tout étourdie en posant pied à terre après avoir voyagé à la vitesse de la lumière en encaissant plein de G. Je suis prête à grimper dans une fusée et m’envoler vers Mars ! Enlever le casque est une délivrance, je respire à plein poumons l’air frais du bois, et je décide d’oublier le masque ; il n’y a que nous.

   2020-09-17 15

   On marche quelques mètres en suivant le jeu de piste jusqu’à l’entrée de l’espace naturiste, une vaste pelouse entourée d'arbres. Mon ami me dit que l’on peut rester habillés, mais je préfère jouer le jeu, ne pas nous montrer « touristes ». Et il fait si beau, c’est tentant ! Je me déshabille prestement, c’est délicieux de sentir la caresse du soleil et la brise sur ma peau… Nous avons oublié de prendre un plaid ou des paréos, on s’installe sur nos tee-shirts pour profiter d’un moment de détente en bavardant, en se racontant des anecdotes de soirées… La prochaine fois on prévoit un goûter et une nappe ! Je laisse mon regard errer sur les environs, beaucoup d’hommes se reposent sur des serviettes, comme à la plage. Ils lisent, pique-niquent, bavardent. Certains sont des habitués, j’entends un « à demain ! ».
   Et soudain je le vois : un homme grand, superbe, harmonieusement musclé, avec deux fossettes juste au-dessus des fesses, et une peau d’ébène brillant au soleil. Il se tourne lentement vers moi, il est encore plus beau de face, parfaitement musclé, sans excès. Tous les hommes sont allongés sauf lui, il se tient debout, un verre de rosé à la main qui étincelle sous les rayons du soleil, une touche de couleur rose vif qui contraste avec la nuit de sa peau. Une vision fantastique, un demi-dieu descendu sur terre… Je le regarde un moment, camouflée derrière mes lunettes de soleil, avant de me sentir légèrement coupable et de promener mes regards ailleurs. Je me sens sereine, il y a surtout des hommes homosexuels, l’ambiance est très paisible, chill : lecture et bains de soleil.  Aucun regards déplacés, à part les miens. Il y a très peu de filles, juste des intruses et des curieuses, comme moi 😉

   Mon ami me confie que ça « bouge » parfois dans les fourrés, on se relève pour s’y promener, habillés cette fois, mais aujourd’hui, ça « ne bouge pas » des masses, quelques tristes hères errent en vain entre les buissons.
   C’est déjà l’heure de rentrer, non sans oublier de prendre des photos souvenirs, ce n'est pas si souvent que j'enfourche une moto, et de se faufiler dans la circulation de la fin de soirée - La magie de la moto, trouver une troisième voie là où il n’en existe que deux !

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