Nuit élastique 13 mai 2017

    Souvenirs, souvenirs, ou comment je me suis retrouvée avec un soumis de soirée.

 

    Il y a deux ans jour pour jour, je me préparais à sortir en soirée fetish, à La Nuit élastique.
    Je me souviens avoir longuement hésité, une autre soirée se déroule en même temps et me tente encore plus : la Hell O’Kinky. Je n’y suis jamais allé, on m’en a dit beaucoup de bien, je suis curieuse, je me tâte… (depuis je suis devenue une fan inconditionnelle de la Hell O’Kinky !)
    Je finis par choisir La Nuit élastique, une amie y fête son anniversaire, elle a prévu d’encorder un ami, elle réussit à me convaincre in extremis… (à quoi ça tient : une hésitation, un choix de dernière minute, et on prend pour sa life… « le nez de Cléopâtre s'il eut été plus court… » etc. )

    J’arrive très en avance, mes amis ne sont pas encore là, même les fétichistes des pieds habituels manquent à l’appel. Je discute avec un garçon assis près de la boutique d'accessoires, son pseudo me fait rire et me rappelle des souvenirs : Itinéris ! Ce qui est très agréable dans ces soirées, c'est que l’on se lie facilement, et l’on est certain de retrouver des têtes connues tôt ou tard.
    J’avise un homme seul au bar, mignon avec son air timide. Il est soumis, il porte un collier et une laisse en évidence. Je m’approche, j’ai envie de bavarder, de connaître ses attentes, je suis curieuse — J’aime bien bavarder avec les soumis, ils m’intriguent, m’amusent, ils recherchent souvent des pratiques très précises ! — Il m’offre aussitôt son tabouret et se présente, Cedrik. Il ne sait pas trop ce qu’il aime, il découvre cet univers depuis peu de temps, il explore... Je ne me sens pas l’âme d'une initiatrice expérimentée, je m'éloigne à regret.

    Les lieux se remplissent, plein d'amis et connaissances se pressent au bar, sur la piste… Je suis ravie de revoir un ami fétichiste dont j’apprécie particulièrement les massages de pieds. Je m'installe sur une banquette et lui tend mes pieds, tandis qu’il s’assoit en tailleur sur le sol et me déchausse avec précaution. À ma grande joie, Cedrik nous rejoint, il semble se mettre à mon service, je lui demande de me masser les mains, toujours endolories par des heures de clavier, et souvent délaissées (les fétichistes des mains n’existent pas, hélas 😉). Je ferme les yeux, profite de très agréables massages de mes pieds, de mes mains, longtemps, jusqu'à ce que de vieux tubes des années 80’s, 90’s m’appellent sur la piste de danse.
    Cedrik me suit, il danse tout près de moi, j’ai l'impression qu'il me tend sa laisse, et je finis par m’en saisir, par jeu. Il semble heureux et je ne la lâche plus, enchantée de ma capture ! Nous ne nous quittons plus de la soirée, je m’amuse à le tirer partout à ma suite — C’est la première fois que je tiens un soumis en laisse, je n’ai jamais voulu m’encombrer d’un soumis auparavant, préférant rester libre de mes mouvements — Je suis ravie, j’aime beaucoup ! J’aime le sentiment d’allégresse que cela me procure, des vagues de joie et d’enthousiasme, comme si je m’envolais, youhoo ! Je l’entraîne sur la piste de danse si la musique m’attire, au bar quand j’ai envie de retrouver les amis, dans les coins sombres pour regarder les séances en cours… Il me suit gentiment, des amis me taquinent au passage, je les ignore ou fanfaronne, après tout pourquoi n’aurais-je pas un soumis moi aussi !

    Il est tard, je dois me sauver, je glisse mon pseudo à l’oreille de mon soumis tout neuf, en espérant qu’il réussisse à le retenir et me retrouver sur Facebook. L’a-t-il seulement entendu avec le bruit, la musique ? Rien n’est moins sûr… Je n’ai pas osé lui remettre ma carte de visite, ça fait trop « je fais ma pub pour mon blog », et je m’en mords les doigts. Pourquoi me soucier de ce genre de choses !
    Au moment de partir, je le confie à mon amie occupée à découper son gâteau d’anniversaire et le distribuer à la ronde. Elle me fait un clin d’œil.
    — T’inquiète pas, je vais m’occuper de lui...
    — Je sais qu'il est entre de bonnes mains !
    Je plaisante, tout en me demandant si j’ai bien fait de le lui laisser, il sera peut-être dévoré tout cru 😉 ! Bizarrement cette perspective me mordille le cœur, je ne pars pas tranquille.

 

    Finalement, il s’est bien souvenu de mon pseudo... et les choses ne se sont pas arrangées depuis !

   Il est resté mon soumis de soirée, c’est un peu comme un cavalier de soirée, en mieux, en bien mieux ! Il danse avec moi, et il fait plein d’autres choses aussi, se montre aux petits soins pour que je passe la meilleure des soirées.
   C’est aussi mon soumis des réseaux sociaux, il like et commente plus vite que son ombre, craignant mon courroux et pour ses fesses, sans doute 😉
   Mais je le voudrais plus, bien plus, tout le temps, quand j’en ai envie, qu’il s’incarne aussitôt dès que je le veux, tel le génie de la lampe !
    Quand j’ai envie de me détendre par exemple, il me ferait couler un bain comme dans les films, avec plein de mousse, des bougies, de la musique douce…
    J’aimerais aussi des massages quand j’écris : mes épaules, mon cou, mes pieds, mes jambes ; et aussi après l’écriture : mes mains, mes bras…
    Il me préparerait un dîner ensuite, avec toujours les éternelles bougies, la musique. Je le voudrais parfois en face de moi, tel le prince charmant, parfois à mes pieds, collé contre ma jambe, ou s’activant en cuisine.
    Je ferai appel à lui pour toutes sortes de corvées : m’aider à porter mes achats, classer mes papiers, mes fichiers, mes photos… à deux, on lutterait contre ma phobie administrative, et je viendrais à bout du tas de paperasse qui chancelle sur mon bureau.
    Je le voudrais près de moi pour aller visiter les expos qui me tentent, écouter mes groupes préférés en concert, regarder un film romantique girly, un film de SF ou de super héros…  

    L’hiver, je glisserais mes mains glacées sous son pull, son tee-shirt, à la recherche de sa peau chaude, je lui confierais mon manteau, mon écharpe, mon bonnet, mes gants quand on sort, afin de garder les mains libres une fois arrivés dans le bar, l’exposition, le spectacle, etc…
    L’été, je l’enverrais prendre une douche glacée pour ensuite me rafraîchir à son contact, je lui demanderais de m’enduire de crème solaire, de m’éventer, d’aller me chercher une glace, une boisson fraîche, de m’aider à rentrer dans l’océan glacial (sans m’asperger !),
    Il serait mon premier lecteur, mon photographe personnel, mon ami, mon soumis corvéable à merci…


    Liste non exhaustive

     Photo : Flyer de la Nuit élastique