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    Un conte de Noël bdsm...
    - un fantasme plutôt !

***

    Elle rentrait enfin, épuisée par ces quelques jours de vacances en famille, un tourbillon étouffant de tantes, de cousins, qui voulaient tous lui poser des questions, se mêler de tout, l’embrasser… Ils lui avaient donné le tournis ! Elle revenait chargée de foulards, de pulls, de parfums, qui l’indifféraient complètement. Elle était soulagée de quitter cette province oppressante, l’affection débordante de la famille. Elle se sentait triste aussi, nostalgique, sans parvenir à savoir pourquoi.
    Elle comprit soudain, elle était restée extérieure à la féerie de Noël, cette magie qui l’émerveillait tant enfant : les guirlandes lumineuses, le sapin surchargé, les décorations scintillantes partout, l’avalanche de cadeaux ouverts frénétiquement et aussitôt oubliés, les parents trinquant sans fin, oubliant de les coucher… Elle avait vu ses neveux et nièces courir comme des fous dans les escaliers, pousser des cris aigus en déchirant les emballages des cadeaux, mais elle était restée étrangère à toute cette excitation, perdue dans ses pensées et son envie de rentrer à Paris, de retrouver son appartement calme. Vide.
    Elle s’empara de son téléphone pour chasser ses idées noires. Il lui avait écrit ! Son soumis chéri, pris lui aussi dans mille contraintes familiales alors qu’elle voudrait être la seule à le contraindre, l’emprisonner. Dans ses bras.
    « J'avais envie de te faire une surprise, mais je ne voudrais pas te faire peur : je t’ai préparé un petit dîner froid ! »
    Il avait bien fait de la prévenir, elle aurait crié sûrement, craignant une intrusion. Elle se félicita de lui avoir confié un double de ses clefs, par précaution, elle était si étourdie. Elle n’imaginait pas une seconde qu’il s'en serve ! C’était sans compter sur son soumis, toujours si attentionné.

    Elle ouvrit de grands yeux en entrant : des bougies baignaient la pièce d’une lumière douce, la table était dressée, pour une personne hélas. Une coupe de champagne pétillait encore, il avait dû passer il y a une demi-heure à peine ! Elle s’attabla et dévora une délicieuse tranche de saumon, bercée par une musique romantique. Elle devait lutter contre le vague à l’âme et le sentiment de solitude qui menaçaient de l'envahir. Dire qu’elle avait tant souhaité être seule pourtant !
    Elle prit son téléphone pour le remercier, il lui répondit aussitôt.
    « N’oublie pas de regarder sous l'arbre de Noël ! »
    Réjouie par le festin préparé, elle n’avait pas remarqué l’énorme paquet dans l’ombre du sapin. Qu’est-ce qu’il avait fait comme folie ! Bientôt le paquet s’anima, et dans un brouhaha de papier déchiré, son soumis adoré apparut, vêtu d’un bonnet de lutin et d’un boxer rouge, plus mignon que jamais ! Elle poussa un cri et se rua sur lui, le coeur battant fort, de joie et de surprise.
    — Tu m’as fait peur !
    — Je t’ai prévenue pourtant… tu es contente ? J’aurais dû te laisser déballer ton cadeau ? Mais ça tenait mal, je ne sais pas comment ils font dans les films de Noël, et j’étais trop impatient…
    Il n’y avait pas besoin de réponse, elle riait de joie sans s’arrêter, blottie contre son torse.
    — J’ai cru que tu ne penserais jamais à regarder vers le sapin ! Tu ne pensais qu’à manger, gourmande !
    Elle le griffa, le pinça pour se venger de la taquiner. Elle jeta un rapide coup d’œil derrière le sapin. Il surprit son regard et se mit à rire.
    — Non, il y a que moi !
    Il la prit dans ses bras, heureux de la retrouver après ces longues journées sans elle. Elle le serra fort, chatouillée par sa bouche contre son oreille.
    — Je me souviens de ton fantasme, deux soumis à ton service le temps d’une soirée… c’est bientôt ton anniversaire non ? Là, j’avais envie que l’on soit juste nous deux, ça fait trop longtemps… Tu m’as laissé du saumon ?
    Il avait pris ses aises pendant les vacances, oublié tous leurs codes, il fallait tout de suite retrouver les bonnes habitudes.
    — Tu mangeras plus tard ! Mets-toi à genoux, baisse les yeux et attends-moi en silence. Je n’en ai pas pour longtemps…

    Elle s’absenta dans sa chambre et revint maquillée, habillée de cuir, perchée sur des talons aiguille. Elle se pencha vers son soumis pour déposer un baiser sur sa joue. Il leva les yeux et son cœur bondit en découvrant sa maîtresse en tenue de dominatrice. Elle voulait jouer avec lui ! Il imaginait de tendres retrouvailles après la fatigue du voyage, mais sa maîtresse paraissait pleine d’énergie ! Elle lui tendit un cadeau, une cage d’argent pour emprisonner son joli sexe qu’elle aime tant. Il eut le souffle coupé avant de rire de joie, enchanté qu’elle le veuille ainsi, rien qu’à elle. Il voulait la mettre tout de suite, se livrer entièrement, mais elle secoua la tête. Elle allait d’abord emprisonner son sexe dans le sien, et dans sa bouche aussi. Il ne porterait sa prison d’acier qu’en son absence ; non parce qu’elle ne lui faisait pas confiance, mais en signe d’appartenance. Elle-même ne quitterait pas la clef de sa cage, elle penserait à lui, entravé, attendant la délivrance, pour endurer d’autres souffrances peut-être. Elle glissa une chaîne dans la petite clef du cadenas, il l’aida à la mettre autour de son cou. Finalement, elle serait enchaînée elle aussi ! Cette pensée la fit sourire, elle aimait la liberté plus que tout pourtant.
    Il lui offrit un cadeau à son tour, un magnifique martinet de cuir noir et rouge, et le plus beau cadeau qui soit, son corps nu à marquer et à aimer.

 

   Très joyeuses fêtes de fin d'année à tous !

 

    Photo et mise en scène : Chris et Nico, lors de La folle nuit du divin marquis organisée par Les Goûters du divin marquis - sept 18
    En espérant qu'ils me pardonnent les flocons de Noël que j'ai rajoutés tout autour ^^