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    Mercredi dernier, j’ai rencontré un ami Facebook, Spencer Duval.  
    J’aime lire ses confidences, ses récits en forme de journal intime. Il ne cache pas son goût pour une pratique bdsm qui me fascine et que je ne comprends pas, moi qui aime tant la liberté et le sexe des hommes : la cage de chasteté.
   J’ai envie d’en savoir plus pour les besoins d’une histoire, et je le capture deux heures, au fond d’un café désert. Je porte une petite clef en or autour du cou, pour jouer à la porteuse de clef symbolique, et il me confie qu’il a mis une cage en mon honneur, afin de se mettre dans l’ambiance, bien me décrire les sensations. Je me sens toute chose !

    J'ai aimé nos échanges, pourquoi mettre une cage, que représente la cage, ses avantages dans le cadre d'une relation D/s, ou même simplement amoureuse, et j'ai souhaité reprendre ici ce qu'il m'a dit :

     Une preuve d’amour et de fidélité

    Pour Spencer, la cage, au-delà de tout le protocole bdsm autour de la soumission, de son rôle dans les « punitions », possède une très belle symbolique. Elle devient un symbole d’amour, un gage d’attachement.
    Quand un homme porte une cage, il offre son pénis à sa compagne, sa maîtresse, pour la rassurer, lui montrer son envie de se donner, de lui appartenir.
    — En signe de son amour et de sa fidélité… c’est un peu comme une alliance en fait.  On la choisit à deux, l’homme porte la cage cadenassée, la femme la clef !

    La cage gène, voire empêche l’érection. L’homme n’a de désir et de plaisir qu’avec la porteuse de clef. Il lui promet la fidélité la plus extrême, et lui offre sa sexualité en preuve de dévotion, d’amour. Il dédie son érection à sa maîtresse, ne bande qu’en sa présence, quand elle le libère, elle seule peut le toucher. Le désir inassouvi, la frustration ressentie génère plus de passion chez l’homme, et un soumis cherche souvent à aimer follement sa domina, à se donner entièrement : se fondre en elle, n’être rien, ne vivre que pour son regard, se montrer soumis et la choyer tout à fois. Cela semble un peu paradoxal de porter une cage, car l’homme se doit d’être protecteur, fort, mais pour Spencer, cela n’est en rien contradictoire, il mène parfaitement les deux de front.

    La cage reste le plus souvent un geste d’amour ponctuel, elle est portée quelques heures, quelques jours, elle vient en complément d’autres dons, d’autres services.

    Une autre façon de faire l’amour

    Les hommes qui aiment les cages n’ont plus besoin de leur sexe pour avoir du plaisir. Ils se différencient des amants classiques souvent trop pressés : les « pénétrants ». Ils s’occupent des femmes autrement, se montrent à l’écoute, ils font preuve d’empathie et se révèlent souvent de merveilleux amants. Ils peuvent ressentir des orgasmes cérébraux bien plus forts encore que les orgasmes « normaux », simplement en donnant du plaisir, en étant connectés à leur partenaire.

    La cage permet de faire durer le désir, et donc l’envie chez l’homme de choyer une femme, de s’occuper d’elle sans se lasser. Une fois qu’il a éjaculé, l’homme a envie de se lever, de passer à autre chose, de dormir, il n’est plus très motivé pour s’occuper de sa femme... Pour poursuivre la fusion longtemps, entretenir le désir, l’homme ne doit pas jouir, ou le plus tard possible, et doit apprendre à ressentir du plaisir sans jouir. La jouissance de l’homme est vue comme une nécessité, un passage obligé, y compris par les femmes. Si l’homme n’éjacule pas, les femmes sont inquiètes. Trop souvent, seule la pénétration est valorisée, et c’est la femme qui devient soumise, car elle doit se plier au rythme de l’homme, qui reste concentré sur lui-même, et elle ne jouit pas forcément.

    Il faut sortir de cette certitude : l’éjaculation n’est en rien systématique ou obligatoire, et d’ailleurs, il y a parfois des éjaculations sans plaisir. Si elle survient, avoir conscience qu’elle signe la fin des ébats. L’homme n’a même plus envie de se montrer tendre sans l’aiguillon du désir.

    Un plaisir solitaire

    Il est aussi possible de porter une cage de sa propre initiative, sans maîtresse à qui offrir la clef. Par exemples, pour contrôler son envie de se caresser trop fréquemment, maîtriser ses pulsions, ou son addiction aux films X. Le fait d’être en cage apaise, le besoin d’une masturbation rapide disparaît. C’est comme pour arrêter de fumer, ne pas avoir de cigarettes sur soi est plus facile et permet de penser à autre chose.

    D’autres hommes vont souhaiter la porter en permanence, pour nier leur sexe, et vivre une sexualité autre. Ce sont souvent des soumis qui souhaitent être travestis, traités en soubrette.  
    Un port prolongé n’est cependant pas sans risque à long terme sur la qualité des érections, et même la taille du sexe, bien se renseigner avant.

***

  lhomme-cage-L-2  Sinon, c’est un peu hors-sujet, mais je ne résiste pas au plaisir de recopier ici le récit de notre entrevue publié par Spencer sur Facebook. Je n’ai aucune confiance en Facebook : nos comptes sont supprimés sans sommation, nous sommes tous en sursis ! Et même en résistant, son texte va se trouver enseveli sous d’autres actus, et j’ai envie de le garder quelque part tant il m’a fait plaisir ! Merci Spencer 😊 

 

    Brève rencontre

    Ce fut mercredi, entre deux obligations du quotidien et autour d'un excellent café. Nous avions pris rendez-vous dans un hall cossu d'un hôtel au centre de Paris.  Évidemment, j'étais en retard. Et évidemment, elle non.

    Sachez messieurs qu'elle est plus belle dans la vraie vie que sur ses photos de profil. Elle portait une robe qui enveloppait à la perfection sa silhouette superbe. Mais au-delà du physique, c'est son aura qui est incroyable :

    Elle est toujours rieuse, ses yeux sont emplis de malice... On ressent, à ses côtés, tellement ce don généreux à croquer la vie et à vivre constamment à la recherche du moment heureux.

    Elle est comme nuage suranné qui illumine le ciel bleu.

    Nous avions pris rendez-vous car elle lit mes textes et souhaitait se documenter sur les porteurs de cage afin de construire une prochaine nouvelle. Alors j'ai beaucoup parlé. Et blablabla. Et blablabla... et elle notait tout sur un joli cahier blanc.

    Nous avons aussi beaucoup échangé, beaucoup ri… en nous promettant de nous revoir.

    Je suis de ceux qui ne forcent jamais. Je considère que si les choses ne se font pas naturellement alors c'est que cela ne devait pas se faire. Et savoir qu'elle en avait envie à ce moment précis, me comblait d'aise et me suffisait amplement...

    Une chose est sûre… même que virtuelle, une belle amitié venait de naître. Et je suis de ceux aussi qui croient comme fer à l'amitié homme/femme.

    Bref, j'ai rencontré Clarissa Rivière

 

     Photo : Kevin Pinardy, Julian Wolkenstein

      Sur simple demande, les photos seront retirées.