Soirées libertines Flore

     Ce billet était resté en friche dans mes brouillons, c’est donc avec retard que je reviens sur la soirée organisée par Flore Cherry et Union le 14 mars dernier, sur les soirées libertines. (à la réfléxion, j'ai beaucoup de retard sur tout !)

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     La salle est comble, les convives exubérants et dissipés, jusqu’à ce que Flore s'empare du micro pour nous présenter les soirées libertines à travers l’histoire, et quelques lieux et objets emblématiques du libertinage :

    L’origine des soirées libertines remonte à la Grèce antique, avec l’organisation de fêtes en l’honneur de Dionysos. Un peu comme lors du carnaval de Venise, tous les milieux sociaux culturels se mélangeaient, cela permettait de fédérer la société, d'évacuer les tensions. Des événements « alternatifs » se déroulaient en marge, apportant une touche de débauche : par exemple, des jeunes femmes vierges, les ménades, prenaient des drogues hallucinogènes, elles se promenaient dévêtues dans la forêt, tuaient à mains nues… Rome a repris le concept avec les Bacchanales.

    chateau des brouillardsPlus tard, le XVIIIe siècle a marqué le grand retour du libertinage, avec des lieux consacrés comme « les folies », ces petits pavillons en périphérie des villes, dans la nature, à l’abri derrière des arbres, des bosquets – « folie » vient feuille. Ainsi le château des Brouillards à Montmartre ci-joint.  Des soirées galantes, champêtres, étaient organisées pour l’aristocratie oisive, à extérieur du château de Versailles, loin de la pesanteur de la cour. Elles ont été immortalisées par Watteau.
    Le « boudoir » est également un lieu emblématique du libertinage. Les boudoirs ont été créés en réponse aux salons, très masculins, pour des causeries plus légères.

   lynch-louboutin-03 Du côté des objets, on peut citer les talons-aiguille, avec en particulier les chaussures Louboutin (lancées en 1991), définitivement associées au libertinage et au fétichisme depuis l’exposition de photos de David Linch qui avait fait sensation en 2007.
   
Les masques, les loups, sont également incontournables. A l'époque, le loup était prisé car il accentuait la pâleur du visage, il permettait de conserver l’anonymat, tout en autorisant les baisers.

   Z prend la parole pour nous parler des soirées libertines privées qu'il organise depuis plus de dix ans : environ 350 par an, principalement autour de la pluralité masculine. Il s'agit de trios, de gang-bangs, mais également de soirées raffinées, comme des dîners gastronomiques où un grand chef est invité pour le plaisir des papilles (j’ai eu la chance d’y aller en reportage un soir, lire ici…).
    Son cœur de métier, c’est la réalisation des fantasmes des femmes, du plus « glauque », par exemple se faire prendre sur un chantier par les ouvriers, au plus sophistiqué. La demande vient toujours de la femme ou du couple, Z se charge de recruter les hommes correspondant exactement aux fantasmes exprimés. Il fait du sur-mesure et peut répondre à tous les désirs, grâce à un carnet d’adresses de plus de 1000 hommes. Par exemple, une femme a voulu un jour « dix hommes du GIGN » , une autre a souhaité vivre un trio dans un palazzio à Venise... Paradoxalement, les trios sont plus difficiles à organiser parce que l’on n’est pas l’abri d’une annulation et là, c’est la catastrophe.
    Z fait en sorte que la femme réalisant son fantasme soit la reine de la soirée, c’est pourquoi il n’invite pas de voyeuses, les hommes risqueraient de se tourner vers cette autre femme.
    Il a parfois des demandes très farfelues, simuler un kidnapping, fournir un poney… - Il précise qu’il n’a pas donné suite au poney !
    Pour réaliser vos fantasmes, rendez-vous sur le site de Z.

Ressan    Ressan photographie les soirées libertines, il propose dans ses livres une vision poétique du libertinage, il met nos fantasmes en images, recherche la beauté, le trouble d’une situation. Dans son second livre, il quitte les appartements luxueux où se déroulent les soirées, pour prendre des photos dans Paris la nuit.
   Pour Ressan, il est très difficile de définir le libertinage en raison de sa variété. Comme dans les restaurants, cela va des soirées les plus modestes aux plus huppées. De son côté, il photographie surtout des soirées très haut de gamme.
   Les choses changent, des films comme Eyes wide shut, et plus récemment 50 nuances de Grey, ont considérablement démocratisé le libertinage. (nda : je pense que Wyylde y contribue aussi fortement ;-) )

    Benjamin Warlop est le responsable de la com de Wyylde, le plus grand site de rencontres libertins, connu de tous et au grand jour, depuis la fameuse campagne de pub qui a enflammé la ville "Métro, boulot, libido" !

wyylde

    On peut s’y inscrire en tant que femme, homme, ou couple. Les couples représentent d’ailleurs 50 % des inscrits. Pour lui aussi il n’existe pas de définition précise du libertinage, chacun vit sa sexualité différemment, en toute liberté, de façon festive ou intime, en soirées, en club, à la maison, à l'hôtel... Le point commun des libertins, c’est la tolérance et l’ouverture d’esprit, dans le respect des uns et des autres.
    Sur Wyylde, on peut trouver des partenaires de jeux, des soirées de toutes sortes, fastueuses ou cosy (pour en avoir vécu deux, ici et , je peux vous garantir qu'elles déchirent !)

    Nous repartons les yeux brillants et plein d’idées derrière la tête, avec des tee-shirt Wyylde histoire d'annoncer la couleur sur les plages cet été ;-)

   

   Photos : flyer de l'évenement, prises sur le net