antichambre du K

    Samedi dernier, Der Gute Kommandant organisait une grande soirée bdsm.

    La soirée se déroule aux Caves de St Sabin, métamorphosées pour l’occasion. Chandeliers, bougies, éclairages tamisés, apportent une lumière féérique et mettent en valeur tous les équipements mis à la disposition des participants : de très belles cages en fer forgé, croix de st André, cheval d’arçon, table de massage, portique de suspension… Ce soir, nous sommes dans un Donjon SM !

    C’est la première fois que je participe à une soirée bdsm où l’on ne danse pas, j’ai un peu peur de ne pas m’amuser autant que d’habitude, je me dis que je vais peut-être rentrer plus tôt pour une fois… Je me trompe lourdement ! Le temps semble se figer en un éternel présent de jeux et de délices… il s’écoule à toute allure en réalité, je me laisserai surprendre, et je filerai en même temps que la distribution de petits pains au lait, à l’aube. 

    Je suis venue en dominatrice, mon joli soumis de soirée en laisse dans une main, une cravache dans l’autre, histoire qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur mon statut, on ne sait jamais 😉 !
    Je retrouve de nombreux amis des soirées dansantes bdsm, en grande tenue fetish, nous sommes tous ravis de nous replonger dans cette ambiance que nous aimons tant, sur fond de musique rock, new wave... De la musique en sourdine cette fois, pour laisser la part belle aux échanges.
    Cette soirée sera aussi l’occasion de nouvelles rencontres, notamment de personnes préférant les évènements consacrés uniquement aux jeux, sans piste de danse, des gens que je n’aurais jamais croisés autrement. Finalement, le mieux est de fréquenter les deux types de soirées !

    J’ai vécu la soirée comme dans un rêve, une longue promenade onirique au milieu de toutes sortes de jeux et de séances. Partout des soumis et des soumises se cambrent, s’offrent aux fessées administrées avec énergie, à la morsure du martinet. Les conversations sont ponctuées de claques retentissantes sur les fesses, de gémissements, de soupirs... J’ai longuement regardé une très belle séance de fouet, la précision et l’élégance du geste du dominant étaient impressionnantes - des années de pratique me dit-il.

    J’ai enfin pensé à mettre des bottes, et pleine d’allégresse, je peux confier mes pieds entre les mains de Dr Bootnfeet. Il s’empare de mes bottes avec un sourire réjoui, presque gourmand, il craque pour mes bottes de ville, classiques, simples, avec quand même un petit laçage… Intense massage des pieds avec une bonne dose de jeu !

    Il a réveillé mes envies de massage, et dans ces soirées magiques, il y a toujours des volontaires prêts à exaucer les vœux des femmes, se jeter à leurs pieds et subir tous leurs caprices. On les reconnaît aisément : ils portent un collier de soumis.
    Je m’assois sur le banc qui court le long des murs, et je ne tarde pas à être chouchoutée comme j’aime. Des scènes émouvantes, troublantes se déroulent devant mes yeux, tandis que je profite de massages très agréables de mes pieds, procurés par des fétichistes des pieds passionnés. Ils s’appliquent, concentrés, je sens combien ils aiment masser mes pieds, et cela décuple mon plaisir (je les remercie au passage, j’ai beaucoup aimé ! Avec une mention spéciale pour mon gentil soumis de soirée toujours si patient, à l’écoute, entièrement dévoué, ne rechignant jamais à la tâche…- il n’est pas prêt de reprendre sa liberté ^^). D’autres soumis nous rejoignent, me massent les épaules, les mains, la tête… divins moments où j’oublie le temps, ils me massent depuis toujours, et cela va durer indéfiniment.

    Je suis fascinée par le spectacle autour de moi : juste en face, une femme manie le martinet avec ardeur sur une soumise, je peux sentir le souffle du vent à chacun de ses mouvements ; à côté de moi, une dominatrice s’occupe d’un beau soumis musclé en présence d’une amie, elle lui montre la façon d’emprisonner le sexe de l’homme dans des anneaux d’acier, avant de décorer sa base d’une guirlande de pinces à linge. L'homme ferme les yeux et s'abandonne à leurs mains fines qui le manipulent avec art.

    Je pourrais rester là des heures, oublier le temps, regarder les autres se torturer avec entrain, profiter de massages… mais le dur bois du banc finit par avoir raison de mes fesses douillettes. Je reprends mes déambulations, sans oublier de grignoter les friandises du buffet, mini crèpes roulées, délicieuses petites mousses au citron… les plaisirs du palais s’ajoutent à tous les autres !

    Je m’arrête au hasard pour regarder tel ou tel supplice, j’en profite pour bavarder avec mes voisins aussi voyeurs que moi, les questionner. Les motivations des soumis m’intéressent beaucoup, je suis souvent touchée par leur profonde générosité, leur courage aussi, leur endurance... L’un d’eux se montre curieux lui aussi, il répond à mes questions par d’autres questions, le coquin :
    - Vous êtes plutôt dominatrice ? Qu’est-ce que vous aimez ?
    - J’aime les massages de pied, de jambes… les massages partout en fait…
    - Oui… et ensuite, après les massages, vous faites quoi ?
    - Heu, ben c’est tout, rien… je recommence… !
    - Oh mais il faut tout essayer, progresser : venez aux soirées Munch and play du jeudi pour découvrir toutes les pratiques ! Ce sont des ateliers-dîner, on nous explique, et ensuite, on peut expérimenter !
    C’est tentant… mais revenons-en à lui, c’est moi la blogueuse qui enquête sur le terrain, c’est moi qui pose les questions 😉  :
    - Pourquoi pas... Et vous, qu’est-ce que vous aimez ?
    - Moi j’aime surtout donner du plaisir, alors je me laisse guider… mais je suis un peu rebelle aussi, et j’aime bien qu’on me force à faire ci ou ça, qu’on m’entraîne...
   Je vois, un soumis un brin impertinent et intrépide !

    Impossible de raconter cette soirée par le menu, mais quelques scènes surréalistes se sont gravées dans ma mémoire, comme des bribes de rêves :

    Devant le bar, un homme allongé demande à ce qu’on lui grimpe dessus pour le piétiner, je m’y mets de bon cœur et gagne de précieux centimètres.

    Un homme me fait toucher sa tenue en latex, il enduit mon doigt de silicone, et je le fais glisser sur son chemisier ajusté, impression étrange de douceur lisse et humide…

    Une femme traîne à sa suite trois ou quatre hommes en laisse, ils se faufilent avec difficulté à travers la foule ; une autre brûle le dos de son soumis avec un briquet, avant de manier avec précaution une sorte de cutteur.

    Une très jolie soumise blonde s’offre aux deux organisateurs, ils jouent en duo autour d’elle, nous offrant une belle chorégraphie, tandis que la soumise se tord, se cambre, visiblement aux anges.

    Un homme se tient à genoux devant une jeune femme nue contre un mur, il projette sur son dos une sorte de produit qui sent fort… quelle mystérieuse pratique est à l’œuvre ? Je finis par comprendre que le pshitt est en fait un désinfectant qu’il applique avec précaution sur les plaies et zébrures de sa partenaire ! Son propre dos est d’ailleurs très marqué aussi. Les premiers soins avant de remettre ses vêtements et quitter cette quatrième dimension…
    Il est temps pour moi de bondir vers le vestiaire si je veux avoir une chance d’arriver avant le réveil de la maisonnée !

 

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