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    Pour fêter mon anniversaire, je suis allée à une petite sauterie !
    Très envie de vous raconter avant de tout oublier, même si mon récit risque d'être aussi confus que mes souvenirs qui se mélangent déjà...

 ***

    Cinq heures de route pour participer à une soirée ! Certains diront que c'est un peu fou, mais on m'a convaincue depuis des mois, il faut vivre de cette soirée hors normes au moins une fois dans sa vie ! Et j'ai toujours rêvé d'une telle aventure, prendre la route, partir sans se retourner, un road movie avec un joyeux compagnon. Et là, il s'agit d'un cowboy tatoué, musclé, ayant bien bourlingué, et très taquin... Miam !
    Finalement, le voyage est passé en un éclair, tout ce que j’avais prévu pour me distraire est resté au fond de mon sac, musiques, livres, films, c’était bien mieux de bavarder, rire, et de se raconter nos life !

    Nous arrivons tôt à Amsterdam et allons droit au but : visite du quartier rouge, ses sexshops, ses coffee shop, ses vendeurs de champignons hallucinogènes… j'ai envie de tout essayer ! Tout est légal et en vente libre ! Mais je crains de passer le reste de la soirée à dormir sur un canapé ou enfermée dans mes délires... C’est tellement tentant pourtant, je suis curieuse et fascinée par ces substances qui amplifient nos sensations, modifie nos perceptions. Je reviendrai goûter à tout ce qui est illégal en France et autorisé en Hollande une autre fois ! Ressentir le frisson de l’interdit, en toute sécurité… Life is short.

    Le quartier rouge, c’est aussi ses fameuses prostituées en vitrine, mais elles m’ont serré le cœur au lieu de m’émoustiller. Elle se tiennent devant la vitre, lancent des œillades, ondulent des hanches, prennent des poses aguicheuses. Derrière elles, on aperçoit leur chambre, seulement un lit et un coin toilette ; une chambre dépouillée de toute décoration, carrelée, presque une cellule. Etrange de les voir en vitrine entre un sexshop et un coffe shop, la femme objet par excellence. - Je n’écris pas ici un billet pour ou contre les maisons closes, j’entends ceux qui me disent qu’elles sont en sécurité là, au lieu d’être dans le froid ou de prendre des risques en se rendant chez des inconnus… mais quand même, impression de malaise, il faudrait trouver une plus jolie façon de les mettre en valeur, qu’elles soient comme dans un écrin, dans un décor de boudoir, occupées à lire, écrire peut-être, habillées de façon sexy, moins vulgaire... Mais il faudrait demander l’avis des hommes, je ne suis pas leur cible !
    La pluie nous pousse à l’abri d’un restaurant, histoire de prendre des forces avant le marathon de danses et de plaisirs qui nous attend. Petite galère ensuite dans la banlieue et la zone d'activité d'Amsterdam, nos téléphones n'ont plus de batterie, tous les immeubles se ressemblent, mais mon chauffeur se fie à son flair et finit par retrouver le bon chemin.

    On se change comme on peut dans la voiture : contorsionnements dans le noir, exhibitions en live pour les passants qui se hâtent. Je dois renoncer à ma robe en vinyle dont les rubans se sont complétement emmêlés. Heureusement, j’ai prévu aussi ma robe wet look, ses lacets sont restés sagement noués dans l’ordre.

    Nous arrivons parmi les premiers, j’aime vivre les débuts, l'ambiance qui se réchauffe peu à peu, éviter le chaos des vestiaires, la queue devant l’entrée… Nous sommes accueillis chaleureusement et affectueusement par la grande organisatrice, belle comme le jour. Elle a bien noté nos noms et noue autour de nos poignets le ruban VIP qui va nous donner accès à mille délices supplémentaires… Déjà, des performers agrémentent l’attente des arrivants : cracheurs de feu, créatures haut perchées sur des échasses…
   
Petit moment de flottement au moment de franchir le seuil de la soirée, après avoir rempli notre casier à ras bord de nos pulls et doudounes. Une hôtesse veille, sourcilleuse. Elle palpe le tissu de ma robe avec suspicion et le verdict tombe : le wet look, ce n’est pas prévu dans le dress code ! Il faut se vêtir de cuir, de vinyle, ou de latex, nothing else. Est-ce que j’ai autre chose pour pouvoir entrer ? ça rigole pas… J’hésite entre retourner à la voiture, mais c’est loin, il fait froid… ou dépenser mes derniers euros dans les boutiques… mon cavalier se révèle plein de ressources, il m’entraîne, il a repéré une autre entrée, et là nous ne rencontrons aucun souci, la patte de Patrice Catanzaro, grand couturier fétichiste, n’y est sans doute pas étrangère - et personne ne prend le temps de me tâter !

   Ensuite, j’ouvre grand les yeux, telle Alice au pays des merveilles, je viens de pénétrer dans un autre monde qui n’existait même pas dans mes rêves ! Je ne sais pas si je vais réussir à vous communiquer l’atmosphère des lieux, leur démesure, mais je vais essayer… D’abord, trois salles en enfilades :
    - Nous arrivons dans une première salle toute en longueur, où l’on nous propose de tester plein de choses : une séance de shibari, une sorte de vacum bed en tissu… Sont offerts aussi des ballons avec peut-être du gaz euphorisant, nous n'avons pas eu le temps de tester ! Plus loin, on peut se faire tatouer le logo de la soirée B.I.T.C.H où l'on veut. Je suis mise au défi par mon coquin de cowboy : « autour du cou, comme un collier de soumise ! ». Ayant encore un reste de lucidité, je choisis de tendre mon bras, ces tatouages durent quand même trois jours...
    - Et puis la piste de danse, immense, avec sa grande scène dominée par le DJ aux platines, et au-dessus encore l’espace VIP. Un son d’enfer, et pour ajouter à l’ambiance, de grandes cages se balancent au-dessus de nos têtes, des petites estrades accueillent ça et là des danseurs... 
    - Derrière, une salle plus petite, avec également son estrade ; sur le côté, une autre salle encore, avec un autre son, plus doux, on peut mieux discuter, des fauteuils nous accueillent, un espace câlins est également prévu, une sorte de before juste avant la playroom et ses plaisirs plus intenses.

    Tous les espaces ne sont pas encore ouverts, ils le seront au fur et à mesure de l’arrivée des fêtards, jusqu’à une sorte de paroxysme : tout le monde est là, les premiers départs n’ont pas encore commencé, et nous dansons, bien au chaud serrés les uns contre les autres !

     J’aime surtout la grande piste de danse, sa techno qui pulse, qui monte, monte, pour terminer en un feu d’artifice de sons qui nous emportent et nous rendent ivres de musique, une musique lancinante, hypnotisante, avec au-dessus de nous les filles qui dansent dans les cages, font des acrobaties dans des cerceaux, des rubans transparents. Elles sont comme des fées sensuelles qui volent autour de nous ! Tout le monde danse, communie, la musique nous lie, on échange des regards avec les autochtones… Des shows se déroulent sur la scène, j’ai vu un homme déboucher une bouteille de champagne dans le sexe d’une femme, jaillissement explosif ensuite, quand il a retiré la bouteille… et j’ai dû rater beaucoup de performances, trop occupée à danser ou me promener ailleurs.

    L’espace VIP surplombe cette grande salle, depuis son balcon, il nous offre une vue imprenable sur les 4 ou 5 shows qui se déroulent en même temps. Distribution de coupes de champagne, de petits fours, de sushis, de friandises, fontaine de chocolat… on aurait pu y passer toute la soirée ! Une fête à l’intérieur de la fête ! L’ambiance est plus feutrée, on peut mieux discuter, et de chouettes rencontres s’amorcent. Les hollandais sont très sympas, un peu comme les américains, souriants, amateurs de « hugs »… au lit, ça a l’air d’être une autre histoire. Pas simple de vraiment bavarder, le hollandais, c’est une langue d’aliens, et mon anglais vacille quand la techno chante dans mes oreilles.
   
Juste derrière, un bar nous propose la vue sur la seconde salle. Il est équipé d'une table de massage avec le masseur professionnel qui va avec. J’ai testé le massage, c’était parfait ! J’étais un peu effrayée en voyant mon prédécesseur, un géant grassouillet, se faire masser avec force, et j’ai précisé quand ce fut mon tour « very soft please ! », le masseur a souri « don’t worry », et mmm j’ai eu un massage caressant et délassant !

    -> Quelques chiffres (source : mon cavalier tatoué, il a l’œil) : 3000 danseurs, 7 DJ mixant en même temps, jusqu’à 9 performers qui se succèdent sur scène et dans la salle (pôle danseuses, acrobates, danseurs) ou les coursives (cracheurs de feu, échasses), deux grandes salles de danse et une plus cosy avec des fauteuils lumineux, trois playroom aménagées comme des labyrinthes, dont l’une entièrement dans le noir située sous la scène, des bars, des coins, des recoins, des mezzanines, des boutiques fetish, des stands variés, 5 ou 6 bars, un coin fumeur, avec sa propre playroom équipée à l'entrée de siège avec sextoys intégrés, et même un espace aménagé à l’extérieur, mais le froid polaire m’a fait fuir (il paraît que l’été c’est top)

    Je suis bien sûr allée me perdre dans les labyrinthes sensuels, pour voir, et je suis très étonnée, c’est très différent des soirées fétish françaises : pas de soumis se jetant à nos pieds pour les masser, ça m’a un peu manqué. Très peu de scènes de domination finalement, surtout des couples qui font l’amour… enfin, qui s’ébattent de façon très hard ! Qui baisent comme des fous, n’ayons pas peur des mots ! J’ai été frappée par la vigueur, l’énergie des hommes, et l’endurance des filles… Whaow ! Je suis une petite nature à côté, j’ai préféré me tenir soigneusement à l’écart, sans jamais lâcher la main de mon french lover. Je pense qu’il s’agissait surtout de couples se connaissant très bien, très peu échangeaient entre inconnus, et ils étaient portés par le rythme de la techno, qui imprimait un mouvement, une cadence infernale. Surréaliste de les regarder « danser » ainsi en accord avec la musique. Très peu de lits où s’allonger, tout se passe essentiellement debout, les filles s’appuyant sur les rares banquettes, aux cloisons, se tenant à des barres, assises sur des balançoires de cuir, accrochées à des piloris, des croix... Je reste essentiellement observatrice, mais je finis par être gagnée par la folie ambiante…
    En gros, puisque je sens que mon style fleuri et elliptique ne vous satisfait pas complètement, « appelons une chatte une chatte » ! (marre des expressions sexistes 😉 ) : j’ai vu beaucoup d’ardentes fellations, d’intenses levrettes agrémentées de claques sonores, mais très peu de douces caresses ou de légers coups de langues savamment placés (c’est quand même plus poétique que "cunnilingus", flûte, alors que "fellation" est si joli, ce n’est pas juste 😉)
    - Je n’irai pas plus loin dans les détails, à moins de créer une section du blog réservée aux plus de 18 ans, agrémentée de pubs X ad-hoc 😉. Ici, on est chez les plus de 16 ans : érotisme sensuel et délicat, hum hum, au cas où de chastes yeux se poseraient sur ces lignes. -
    Seul bémol : les vigiles à l’entrée des playrooms, ils surveillent de près les allées et venues, et n’acceptent que des couples, pas les hommes seuls, ce qui limitait les jeux à mon avis, et les concentrait à quelques pratiques, plaisantes, certes, mais moins variées. 

    Petit coup de barre vers 5h, l’espace VIP s’est vidé, mais les playrooms sont plus actives que jamais, un dernier sursaut avant la fin, une sorte d’instinct de survie ; tout comme les salles de danse où l’on s’agite de plus belle sur la musique toujours au top. Je m’attarde dans la plus soft, j'échange avec des fêtards, j'interroge un fétichiste du latex recouvert de la tête au pieds d'une combinaison moulante... et puis j’entends une sorte d’annonce au micro, je distingue quelques mots « thanks you, see you in october »… suivi d’un slow, un remix d’hôtel California, pas bon signe du tout, c’est vraiment la fin ! Déjà plus de 6 heures du matin, vite, il ne faut pas s’attarder. Léger vent de panique, mon complice a beau me dire qu’ils gèrent bien la sortie, je préfère me faufiler à travers la foule des danseurs encore dense et l’entraîner vers les casiers.

    Brutale redescente sur terre : enfiler des pulls, affronter le froid glacial, la première heure de voiture où nos yeux ses ferment tout seuls. Nous décidons de dormir une heure sur une aire d’autoroute, et c’est plein d’entrain que nous avalons les derniers kilomètres, assaillis d'images de la veille, revivant encore et encore tous les évènements de la nuit, et faisant des projets d’avenir :
    - Il faut absolument que tu viennes à la Wasteland ! C’est encore plus fou et délirant que la Bitch, plus trash, plus cash, plus torride… il y a des gays, des trav, des trans, tout le monde est bienvenu ! J’ai vu des trucs que j’avais jamais vu ailleurs ! J'ai vu des ***, et des *** ! La Bitch est sage à côté, avec sa sacralisation du « couple ».
    Refaire 10 heures de route pour une soirée ? Etre à jeter les deux jours qui suivent ? Affronter les sarcasmes et l’incompréhension de l’entourage ? Ou leur indulgence amusée, leurs taquineries ? Dépenser tout mon budget sorties de l’année en un WE ? Yes, bien sûr que je suis partante, tu penses ! Sans l’ombre d’une hésitation ! Surtout avec un cowboy qui mâchouille son chewing-gum avec un sourire ravageur et des yeux malicieux… Tope là ! C’est quand ? Ah ouais, le WE qui précède la Nuit Dèmonia… ça va être chaud, la Nuit Dèmonia, reste ma soirée fétiche (c’est le cas de le dire), absolument incontournable ! Certes, on n’est pas dans la démesure, l'outrance, comme à Amsterdam avec cette débauche de shows féeriques, ce dédale de salles on l’on se perd, mais il y a une french touch irremplaçable et fraîche, un chouïa d’extravagance supplémentaire dans les tenues, un brin de fantaisie en plus, de diversité dans les jeux, les échanges…

    J'ai été un peu longue, mais à soirée exceptionnelle, billet d'une longueur exceptionnelle ! Si vous êtes encore avec moi, et si vous êtes curieux, plus d'infos sur :

    Le site de la B.I.T.C.H

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