PNE2016

    Une nuit d’écriture – qu’alliez-vous donc imaginer – s’est déroulée la nuit dernière, à l’initiative Des avocats du diable

    Une nuit érotique virtuelle donc, mais ô combien intense !

   Galan d’Orgia, poète buveur absinthe, nous a tous réunis dans un groupe Facebook L’orgie des 406, et la pression monte au fil des impressions échangées. Le stress est communicatif, me voilà bientôt sur des charbons ardents et excitée comme une puce.

    Il est tôt encore. J’ai envie de regarder un film érotique pour accélérer le cours du temps, me mettre dans l’ambiance, mais mon chéri opte pour un film SF « ça va te maintenir éveillée ».

     23h55, chacun retient son souffle et se précipite sur sa messagerie. Les contraintes sont tombées : « Est épris qui croyais prendre », avec le mot « ricochet » à mettre à la fin.

    Le thème et le mot final me plaisent bien mieux que l’an dernier, pourtant, j'invoque les muses en vain. Des bribes d’histoires se bousculent dans mes pensées, comme des rêves à moitié oubliés, et sont aussitôt repoussées. Je flâne sur internet, suivant au hasard les liens que Google m’indique avec le mot « ricochet », cherchant l’étincelle qui ne vient pas (en fait, elle vient rarement sous la contrainte, l’inspiration survient quand on ne l’ attend pas, quand on ne la cherche pas, enfin, chez moi en tout cas…). Je procrastine, je me prépare un thé, je mange un dessert, puis un autre... je réussis à fuir la tablette de chocolat in extremis. Je surveille du coin de l’œil le fil Facebook de notre orgie, sans participer. Bavarde comme je suis, j’y passerai ma nuit blanche !

    Une demi-heure s’est déjà passée sans que j’écrive un traitre mot. Je pense renoncer, rejoindre les bras de Morphée, avant de songer à mes personnages d’une petite série en cours. Et si j’imaginais la suite de leurs aventures ? J’ai déjà leurs looks, leurs caractères, le contexte en tête… c’est toujours ça de fait ! En plus, si, hypothèse plus que probable, je ne suis pas retenue, j’aurais progressé sur ce projet… Hop, aussitôt dit, aussitôt fait, je retrouve avec plaisir mes héroïnes.  

   Le temps presse, la fatigue gagne, mon imagination s’emballe, j’écris, je noircis des pages, en écriture automatique, les premières idées qui me viennent sont jetées directement, sans tri, sans recul. Mon esprit ensommeillé combine mes fantasmes préférés, mes lieux de prédilection, les situations qui me réjouissent le plus, en un mélange totalement indigeste… (je ne les rappelle pas ici, car je crois que ce serait trahir l’anonymat demandé)

   Il est tard, enfin, pas si tard que ça, mais je sens mon esprit embrumé, lourd, n’aspirant qu’au repos, je vais m'arrêter là, dans cette impasse, tant pis. Je lâche le clavier, je me relis.

   Et ma nuit érotique se transforme en nuit de cauchemar. Les clichés m’explosent à la figure, le basculement de situation s'avère totalement artificiel, le mot final est posé comme un cheveu sur la soupe, le titre d’une banalité à pleurer... et j'en passe ! Le fou rire nerveux menace. Il reste trois heures… et si je refaisais tout ?

   La paresse l’emporte, j’envoie mon texte, tel quel, et file sous la couette, mécontente de moi, de n’avoir pas réussi à tenir toute la nuit, ni à produire un texte plus réussi. Les contraintes, ce n’est définitivement pas pour moi ! Ou alors, il faut au moins m’enlever celle du temps !

   Malgré ce récit plutôt sombre, et sans doute un poil exagéré ;-) , je me suis bien amusée, j'ai aimé tenter l'aventure, les échanges avec les auteurs, l'ambiance électrique qui a régné cette nuit... Le plaisir, comme souvent dans les jeux, c'est de participer, vibrer de concert avec les autres, tenter sa chance, ressentir plein d'émotions contradictoires, vivre intensément le moment avant de s'écrouler. Ce sont les souvenirs qui me resteront et me donneront sûrement envie de recommencer l'année prochaine !

    Au petit jour – réveillée par les travaux, merci les voisins – je me précipite sur mon groupe orgiaque pour lire les ressentis, les expériences de cette nuit folle, à la fois solitaire et en groupe, amusante et pénible… Tout le monde se montre hyper enthousiaste, il me semble que je suis la seule à avoir souffert autant, pour produire si peu et si mal… et j’ai eu envie de partager mon vécu à mon tour !

   

   Bonne chance à tous ! Hâte de vous lire, les lauréats comme les recalés !