model writing postcards - carl larsson

 

    Ceci n’est pas un Coming out mais un billet fantaisiste ;-) peut-être le début d'une histoire...

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    Céline s’est mise à écrire des nouvelles érotiques pour s’amuser, se distraire, et aussi pour gérer les fantasmes qui l’obsèdent, envahissent son esprit en permanence - dans certaines circonstances surtout. Peut-être qu’en les couchant sur le papier, en les partageant avec d’autres, ils vont se dissoudre, se banaliser, s’effacer de son inconscient… la laisser en paix. C’est ainsi que ses histoires sont nées, ses recueils publiés.

    On lui demande souvent d’où viennent ses idées pour écrire toutes ces histoires torrides (avec l’incontournable sous-entendu graveleux c’est du vécu non ?) Elle répond qu’elle s’inspire d’anecdotes vécues, de choses vues, entendues. Un tableau, un fait divers, une conversation surprise dans les transports ou au restaurant… tout peut déclencher une histoire !

    C’est vrai, mais pas seulement. La plupart de ses histoires surgissent quand elle fait l’amour - en tout cas les scènes érotiques. Des images se forment toutes seules dans ses pensées, des fantasmes prennent vie tandis que son chéri l’aime tendrement, amoureusement. Ses fantasmes, eux, sont torrides, extrêmes, forts, et participent souvent à sa jouissance… la douceur des caresses, la force des images composent un cocktail explosif ! Elle ne les invoque pas volontairement, ces images s’imposent à elle, toutes seules. Parfois les mêmes reviennent, sans jamais perdre leur pouvoir d’excitation ; souvent elles sont neuves, inédites, sorties d’on ne sait où. Elles racontent toute une histoire, ou seulement une scène.  

    Plus son amant l’aime avec douceur, plus ses caresses sont légères, plus ses rêveries sont érotiques, voire crûment pornographiques, et le contraste la tord de jouissance encore et encore…

    Elle tente de les mémoriser, de les graver dans ses souvenirs, pour les écrire ensuite. A peine les dernières caresses échangées, elle se précipite sur son carnet, se jette à corps perdu dans l’écriture. Dès qu’elle se retrouve seule, elle reprend ses notes sur son ordinateur, vite, pour ne pas oublier. Elle doit souvent s’interrompre pour se faire plaisir, soulager la tension au creux de ses jambes, elle n’en peut plus de serrer les cuisses en vain en pianotant comme une folle sur son clavier. Elle se jette sur son lit, tremblante de désir, imagine la suite de son texte en se frottant sur sa main jusqu’au plaisir. Apaisée, soulagée, elle peut se remettre à écrire, reprendre le fil de son récit. Parfois, elle ne veut pas perdre de temps, elle ne prend la peine de s’allonger sur son lit, elle reste assise devant son écran, se contente de baisser sa culotte, et se fait plaisir d’une main, vite, uniquement pour se débarrasser de cette tension qui l’empêche de travailler.

    Apaisée, elle se relit, ses yeux s’agrandissent d’horreur. Quand le désir la submerge, son imagination devient extrème, brutale, elle doit atténuer certains passages, rajouter des sentiments et des consentements, supprimer les poneys…. ce sont le plus souvent des scènes de domination, des scènes à plusieurs, qui flirtent avec les tabous les plus sombres…  

 

    Je tiens peut-être le début d’une histoire : une héroïne sage et romantique, un chéri doux et aimant ; mais quand ils font l’amour, elle ne peut s’empêcher de fantasmer, des images torrides l’assaillent… elle va écrire ses fantasmes pour les exorcicer (l’occasion de parsemer quelques scènes érotiques dans mon texte), puis, pourquoi pas, les vivre…

 

    Tableau : Carl Larsson, Ecrivaine érotique au travail (Non, non : Modèle écrivant des cartes postales)