Flyer-Nuit-D-OK-1024x733    Incroyable soirée, démoniaque, décadente, féérique et merveilleuse… Je ne suis pas sûre de réussir à trouver les mots pour décrire l’ambiance sulfureuse et fantasmagorique de cette soirée. Impression de basculer dans un autre monde, à peine l'entrée franchie... J’ai vécu toute la soirée dans un état d’apesanteur, au son de la musique techno qui battait dans mon cœur, avec un sentiment d'irréalité totale.

 

 

Audrey Charles

   Je me retrouve plongée dans un film, je suis dans les tunnels de Mad Max, des tunnels creusés à même la pierre, sombres, éclairés de jeux de lumière ou disparaissant dans les brumes. Nous déambulons au son des tambours, des coups de fouets et de la techno, nous sombrons peu à peu dans une sorte de transe, et nous laissons prendre par la folie des lieux. Bientôt, plus rien n’existe, que la musique et les visions extraordinaires. Je ne sais plus où donner de la tête et le vertige menace : mises en scènes, shows en pleine lumière, projections, démonstrations impressionnantes de shibari, séances plus discrètes dans les coins sombres ou derrière des rideaux de velours rouge, et surtout, les incroyables créatures croisées…

 

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    Des tenues extravagantes, fantasmatiques, gothiques, fétichistes, inspirées de Star Wars, Mad Max, Marvel... des filles presque nues, des hommes quasi nus aussi, seulement vêtus de sangles… une fée longiligne habillée de peinture blanche, des créatures cornues, mythologiques, des filles et des garçons en laisse, des femmes en combinaison intégrale zentai ou en latex, à genoux parfois, des déguisements de toutes sortes : religieuses, infirmières, militaires… des costumes hérissés de piquants, de lumières, des casques fermés par des cadenas, des cracheurs de feu, des danseurs sur échasses, beaucoup d’hommes travestis, immenses sur leurs talons vertigineux…  

    Plus la soirée avance, plus les choses dégénèrent joyeusement. Dans tous les coins, des séances de fessées, des seins torturés discrètement, des caresses appuyées… au vu et au su de tous ou presque, en plus des shows se déroulant non stop, principalement autour du shibari.

   Certains d’entre nous grimacent un peu, préférant le côté show, exhib et festif de la soirée au SM pur et dur. Mais je pense que cela fait partie de l’ambiance de cette soirée unique. Je sais que les soumis qui se laissent maltraiter sont comblés, fiers d’être regardés tenus en laisse et contraints à des épreuves dégradantes. Tout le monde est volontaire et s'éclate.

   La nuit Démonia, c’est aussi un lieu pour expérimenter et découvrir ! J’ai testé le piétinement des hommes carpettes – mais comment font-ils – et, surtout, le massage BDSM. Un divin moment, une demi-heure et même plus, j’ai craint de ne jamais retrouver le groupe !

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   La promesse était un massage à quatre mains, et elle fut merveilleusement tenue. Alice, déguisée en démone s’occupe de mes jambes et Pat, ange en vinyle blanc, me masse la tête, les épaules, les mains… Ils m’endorment, m’apaisent, et les choses sérieuses commencent. Pat propose de m’initier et de me faire connaître les instruments du BDSM, avec douceur, juste pour tester mon ressenti. Légèrement inquiète, j’accepte, curieuse. Il est tout simplement impossible de me détacher des mains d’Alice qui continue de s’occuper de mon dos, de mes bras. Pat s’empare de son attirail et me fait goûter à tout. Il fait doucement courir sur ma peau les lanières du martinet, fait vibrer légèrement la badine sur mon dos, appose un vibromasseur surpuissant sur mes épaules, fait glisser une roulette crantée avec légèreté… Une découverte en douceur des sensations offertes par ces instruments, la douleur en moins. Des caresses différentes, épicées, inédites, qui se rajoutent aux massages qu’Alice poursuit tout du long.

   Je suis aux anges de retrouver enfin le groupe - enfin, une partie - après une vingtaine de minutes d’errance dans les couloirs bondés à présent. Je ne me suis pas ennuyée une seconde, mais j’ai envie de partager ma fascination et mon enthousiasme. Certains costumes sont si beaux, si impressionnants… Nous reprenons nos déambulations. Le fait de ne pas avoir mis mes lentilles apporte un côté féerique et brumeux, mais je dois faire un effort pour distinguer ce qui se passe avec précision, et je ne suis jamais sur de ce que font les couples dans les coins sombres.

  

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   Sur la piste de danse, les DJ nous plongent dans un état hypnotique et nous permettent de tout oublier, baignés de musique… je voudrais que la soirée dure toujours, entre danse et explorations…

   Les trois amis qui restent encore (nous en avons déjà perdu une douzaine !) décident qu’il est temps de partir. Cruel et intense regret. Tant de choses à faire encore, à voir… et je n’ai pas eu mon massage des pieds ! Je pense à toutes ces incroyables créatures, j’ai envie de les revoir, de les recroiser, d’être à nouveau dans le début de Mad Max, dans les tunnels sombres, avec les fous, au son de la techno tonitruante. J’envisage un instant de rester seule pour explorer encore les lieux, mais je n’ose pas et je leur emboîte le pas.

 

   Un immense merci à Miguel Boutik, l’organisateur de la Nuit Démonia, pour cette incroyable soirée, ça va être long d’attendre l’année prochaine !  

   Et à Adam, du site Nouveaux plaisirs, qui a réuni tout un groupe d’amis pour mieux profiter de la soirée.  

   J'avais bien sur prévu mon téléphone pour prendre plein de photos, mais une fois sur place, je me suis tellement plongée dans l'ambiance que j'ai tout oublié, vivant intensément le présent ! Je remercie le photographe Robert Chouraqui qui m'a permis de publier ses beaux portraits pour illustrer mon billet.

   Pour découvrir ses autres photos Fetish : Le site de Robert Chouraqui et sa page Facebook

 

    Quelques liens pour en savoir plus :

    Le site de La nuit Démonia

    Le styliste Patrick Catanzaro 

    La boutique Démonia 

    L'album photos d'Hervé Photograph sur Facebook

    Le récit d'Adam, sur le site Nouveaux plaisirs