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            Il y a tout juste une semaine, nous nous sommes retrouvés à notre rendez-vous bimensuel préféré : l'apéro littéraire érotique de Flore Cerise.

            Ce soir là, il s’agit d’un apéro spécial. Nous quittons le café familier pour nous jeter dans l’inconnu : le Donjon de Maîtresse Cindy. Tout concourt à nous plonger dans une ambiance SM : les tenues ultra sexy de la maîtresse des lieux et de ses acolytes, les inquiétantes machines, les instruments de torture accrochés un peu partout, les films diffusés sur grand écran…

            Eva Delambre, auteur de Devenir sienne et de L’esclave, qui vient de paraître aux éditions Tabou, est l’invitée de ce soir. Fascinante Eva Delambre ! Si fragile en apparence, toute fine dans sa mini robe noire, le cou enserré dans un collier de métal. Elle nous capte dès ses premiers mots. Passionnante, elle nous confie son parcours de soumise, ses débuts. Sa vocation s’est en fait révélée en écrivant son premier livre. Je la sens enthousiaste, brûlante d'un feu que je ne comprends pas, qui m'est inconnu. Je bois ses paroles pour approcher ce mystère. Eva est heureuse ainsi, de s’être trouvée dans cette vie de soumission, aussi difficile soit-elle, d'avoir un tel maître. Elle s'est remise entre les mains d'un maître, un vrai, quand il y a tant de charlatans qui « peuvent briser des corps et des âmes ».  Elle nous met en garde contre eux et aussi contre l'idéalisation de la soumission propagée par certains livres comme 50 nuances de Grey. C’est un choix de vie difficile. Le but n'est pas de se faire aimer mais de satisfaire son maître, de le rendre fier. Eva, elle, aime son maître, elle ne pourrait pas donner autant sans amour. Son livre reste un roman, ce n'est pas son histoire, mais il y a beaucoup d'elle-même dans le livre, tout a été vécu. "Qu'on ne vienne pas me dire que ce n'est pas crédible !" sourit Eva.

            Ses révélations nous remuent profondément et Flore brise le silence en lançant les jeux d'écriture. Elle nous demande de nous mettre deux par deux, l’un jouera le rôle d'un soumis et portera un bandeau noir, l’autre sera le maître (ou la maîtresse). L'atmosphère se détend aussitôt, les rires fusent tandis que les binomes se forment. Je me retrouve avec un joyeux luron, Comme une image, et je me prépare à réaliser enfin mon fantasme de toujours, devenir soumise. Non non ! Je suis en réalité motivée par ma paresse naturelle. Il me prend au mot, glisse sa cravate autour de mon cou et m'entraîne. Aveuglée, je le laisse prendre les choses en main, le stylo, puis le micro.

            Pas le temps de nous amuser plus longtemps. Nous avons 15 mn pour inventer une nuit de noce dans un des lieux proposés par Flore. « Comme une image » est inspiré, sa plume vole sur le papier pendant que je lui souffle à l'oreille quelques idées salaces. Grâce à son "site de rencontre SM traditionaliste", notre binôme de choc « Clarissage comme une image » repart avec le livre d’Eva Delambre que je suis très heureuse de retrouver page après page.

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            Nous nous détendons, place aux rires et aux bavardages, jusqu’à ce que la musique de Pink Floyd envahisse l’espace. Un homme s’installe les yeux bandés sur une balançoire et Maîtresse Cindy le fait tournoyer en tous sens, non sans le taquiner au passage. Un exercice digne de l'entraînement des astronautes et qui nous donne un infime aperçu des tourments endurés dans ce lieu.

Valse de Vienne en Allemagne

            Marie et Hans se sont rencontrés sur un site de rencontre BDSM traditionaliste. Le coup de foudre fut immédiat. Marie, devant son écran, se mit à genoux et baisa avec ferveur la photo de profil de celui qui serait désormais son maître, Hans. Il était bien clair que toute pratique BDSM avant leur union serait proscrite, aussi se hâtèrent-ils de se marier afin de convoler au plus vite dans ce manoir de la Forêt Noire dont on leur avait vanté les geôles inconfortables.

            Fébrile, Hans introduit la clé dans la porte de la cellule numéro 227 et ordonne à Marie d’entrer. Avec sa cravate, il lui bande les yeux et la déshabille. Tant de fois il a imaginé le déroulement de cette nuit ! Il ouvre sa valise dans laquelle il a rangé tout son matériel, encore neuf dans son emballage d’origine. Il se saisit d’un martinet et commence à flageller ses jolies fesses.

            — Attends ! l’interrompt Marie, ne devrions nous pas d’abord convenir d’un safe word ?

            Contrarié, Hans, grommelle le premier mot qui lui traverse l’esprit.

            — Topinambour !

            Il reprend son manège.

            — Attends ! lance à nouveau Marie, il paraît que la première fois, ça fait un toujours mal, tu n’aurais pas quelque chose à me faire boire pour me détendre ?

            Hans n’en peut plus.

            — J’ai justement du jus de topinambour, salope !

            Puis, très énervé, il reprend son fouet avec une vigueur décuplée, impatient que les choses sérieuses commencent enfin.

            — Mais aïe ! proteste Marie, fais un petit peu attention quand même !

            — Montre-moi comment je dois faire alors, râle-t-il

            Marie, prise d’un intense élan d’exaltation, se débarrasse de son bandeau, s’empare brutalement du fouet, arrache le pantalon de Hans interloqué, et commence à faire rougir ses fesses avec cruauté.

            — Mais aïe ! fait Hans, dont la magnifique érection cache mal l’émotion, ragondin... euh, rutabagas !

            — Non, répond Marie, implacable, fouettant toujours.

            — Aubergine ! Carotte ! C’était quoi déjà le safe word ? Aaaaaahh !!      

 

               Pour participer aux apéros littéraires érotiques : Flore Cerise

            Pour connaître les événements organisés par Maîtresse Cindy : Smart

            Pour en savoir plus et s'offrir le livre d'Eva Delambre : Editions Tabou ou Amazon

 

Le récit de Julie Derussy

Le récit de Comme une image