liaiso13

         A l'occasion de l'inauguration du club Ste Jeanne (récit ici), Flore Cerise a organisé un concours de nouvelles. Vous pouvez lire la nouvelle gagnante .

         La mienne a aussi retenu l'attention du jury et vient tout juste d'être publiée sur Le canard coquin. Vous pouvez la lire in situ en cliquant  ! Le thème : le libertinage la première fois. Un thème cher à mon coeur.

 

          ***

 

            Ses yeux s’habituent peu à peu à la pénombre. Louise devine des couples enlacés, allongés sur l’immense matelas, deux par deux, parfois s’emmêlant à plusieurs. Elle se serre fort contre son homme. Elle a un peu peur mais ne peut s’empêcher de regarder, les yeux grands ouverts. Là, un jeune homme resté debout laisse une femme s’agenouiller devant lui et le prendre dans sa bouche. L’homme ferme les yeux, goûtant la caresse prodiguée. Il empoigne fermement la nuque de la femme et l’appuie plus fort contre lui, l’encourageant à le sucer profondément. Louise détourne les yeux, gênée. Son regard est accroché par un autre couple. Deux amants soudés l’un à l’autre. L’homme, immense, recouvre entièrement sa compagne et l’aime en bougeant lentement, depuis des heures semble-t-il. On aperçoit seulement la jolie tête blonde de la jeune femme dépasser. Ses lèvres sont entrouvertes, elle respire fort à mesure que son plaisir monte. Un homme entre deux âges s’agenouille tout près de son visage et propose un sexe déjà dressé devant sa bouche. Loin de le repousser, la jeune femme pointe un bout de langue et commence à lécher le gland qui se présente. Son amant vient de remarquer son manège. Cette vision le rend fou, il ne peut plus freiner son désir et accélère ses mouvements de bassin. Il jouit dans un râle en plantant ses ongles dans la chair tendre de sa chérie. C’est plus que Louise ne peut en supporter. Elle se tourne vers son compagnon et se blottit dans ses bras, cachant son visage contre son torse.

            Stéphane caresse son dos, murmure des mots rassurants à son oreille, s’égare sur ses fesses. Soudain, le cœur de Louise bondit. Ce ne sont pas les mains de Stéphane qui se promènent sur ses fesses et tentent de s’insinuer plus loin, à la recherche de son humidité. Des mains inconnues sont en train de la fouiller. Elle n’a pas envie de se dégager. La sensation est inédite, bouleversante, mais pas désagréable. Elle se serre plus fort encore contre Stéphane. Le jeune homme encourage l’inconnu à continuer d’un signe de tête. Les doigts se font plus inquisiteurs, écartent ses petites lèvres, un peu trop rudement à son goût. Stéphane met fin à l'épreuve quand l’intrus ouvre sa braguette et approche sa verge des fesses tendues. C’est trop tôt. Stéphane veut initier Louise progressivement, ne pas la braquer. C’est leur première fois en club libertin. Elle doit être inoubliable. Plein de plaisir, aucune contrainte. L’inconnu s’éloigne à regrets et Stéphane remplace ses doigts par les siens. Louise est trempée de désir. Elle a beau jouer les prudes et les naïves, les scènes entrevues l’ont troublée plus qu’elle ne veut l’avouer.

            Stéphane guide Louise vers une alcôve à l’écart. Ils y seront seuls. Ils pourront s’aimer enfin, se libérer des tensions provoquées par les scènes érotiques qui se sont déroulées si près d’eux. Louise le suit comme une somnambule dans le dédale du club, jusqu’à une petite chambre libre. Il est impossible de s’y enfermer, mais la foule est restée dans la pièce principale. Stéphane est soulagé de s’éloigner, elle devenait le théâtre d’une véritable orgie romaine. Il allonge Louise sur le matelas, entrouvre ses jambes et se penche sur sa petite toison dorée. Il commence à l’embrasser et la lécher délicatement, trop doucement pour Louise. Après ce qu’elle vient de voir, d’éprouver, elle n’a qu’une envie. Être aimée fort, vigoureusement, par un phallus bien raide. Stéphane joue avec son désir, il veut l’affoler plus encore. Il avise un inconnu se masturbant devant l’entrée de leur chambre et lui fait signe de s’approcher. Stéphane se relève, abandonnant brusquement Louise et la jeune femme crie de frustration. Il fait signe à l’inconnu de le remplacer et se repaît de la vision de son aimée baisée par un autre. Comme il l’a deviné, Louise est trop excitée pour refuser cette queue. N’importe laquelle aurait convenu. L’homme s’affaire en elle et Louise s’apaise, laissant le plaisir monter, la jouissance envahir peu à peu chaque parcelle de son corps avant l’explosion finale.

            Soudain, elle remarque du coin de l’œil une jeune fille nue s’approcher de son homme. Elle est en train de le caresser de ses petites mains et approche ses lèvres de sa verge avec gourmandise. Son chéri la laisse faire, il ne lui adresse pas un regard. Il ne regarde que Louise et lui sourit avec amour. Des larmes montent aux yeux de Louise. C’est insupportable de le voir caressé par cette toute jeune fille, bien plus jeune et plus belle qu’elle. La morsure de la jalousie menace son désir. Elle veut repousser l’inconnu qui va et vient en elle en soufflant, inconscient du drame qui se noue. Elle veut se jeter sur la fille, l'arracher des jambes de Stéphane, quelles qu’en soient les conséquences. Elle veut le récupérer, il n’a pas le droit... Seul l’orgasme sur le point de la submerger la retient encore dans les bras de son amant de passage. Elle jouit enfin, avec rage, fureur, et passion. Elle jouit comme jamais elle n’a joui, en hurlant son plaisir. C’en est trop pour Stéphane qui écarte gentiment la jeune fille, il veut que ce soit Louise qui termine la fellation. Il approche son sexe de sa bouche et s’y enfonce, étouffant les derniers cris de jouissance de Louise. La jeune femme, éperdue de plaisir, comblée, le suce avec énergie, et accueille avec bonheur le flot de sperme qui se déverse dans sa gorge. L’inconnu jouit à son tour, alors que les seins menus de la jeune fille repoussée se pressent contre ses flancs. Ses petites mains le chatouillent et l’agacent, il finit par l’attraper et l’embrasse passionnément sur la bouche, sans que son sexe ne quitte celui de Louise. 

 

            Les deux amoureux se retrouvent seuls, les inconnus se sont éclipsés en se tenant par la taille. Stéphane caresse les cheveux de Louise et écarte une mèche humide de son front.

—    Tu vas bien ma chérie ?

—    Merveilleusement et toi ?

—    On va rentrer, qu’en penses-tu, c’est déjà beaucoup pour une première fois…

            Il rit devant l’air déçu de Louise et se réjouit. Ils vont peut-être s’attarder encore un peu finalement.

 

Photo : film "les Liaisons dangeureuses" (peu de rapport avec le sujet, je le reconnais, juste mon fantasme d'écrivaine !)