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    Les vacances ont été pleines d'aventures et de péripéties, mais toutes très sages et familiales... il m'a fallu attendre le dernier jour, dans l'avion du retour nous ramenant à Paris, pour vivre un épisode sensuel qui mérite d'être conté sur ce blog... (il était temps !)

***

    Les passagers sommeillent paresseusement, abrutis par le ronronnement des moteurs, la longue attente dans la salle d’attente bruyante, le reportage lénifiant sur la Crête diffusé sur les écrans au dessus de nos sièges, le plateau-repas copieux, pour une fois...  

    Les enfants ronflotent. Leurs cris et leurs pleurs se sont éteints. Le silence s’est installé dans l’habitacle plongé dans la pénombre. Il est tard, il fait déjà nuit.

    Je somnole moi aussi, regardant sans les voir les paysages de la Crête, quand je réalise qu’un homme se tient à mes côtés, debout (mon siège est près du couloir). Il a ouvert le coffre à bagages au dessus de moi, et cherche quelque chose, les bras levés. Dans ses efforts pour atteindre une lointaine valise, il s'appuie contre mon épaule, légèrement mais suffisamment pour que son bas-ventre touche mon bras, et que je sente son érection naître et durcir. Son tee-shirt trop grand baille tandis qu'il se penche pour fouiller plus loin dans le coffre. Le tissus chatouille mon cou, il se penche encore et mon visage se retrouve à demi-caché sous son tee-shirt, ma joue effleurée par ses poils. Je perçois la chaleur de son ventre, je respire des odeurs délicieuses alors qu'il lève haut les bras, farfouillant toujours. Nous restons un moment ainsi. Une éternité. Je fais semblant de dormir et je retiens mon souffle. Je suis tentée de me laisser aller contre sa hanche, j’ai envie de poser mes lèvres sur son ventre, de le picorer de baisers, de le humer plus bas aussi, tant les senteurs qui me parviennent me plaisent déjà. Profitant du sommeil de nos voisins, je descendrais sa braguette, son pantalon, pour libérer le sexe dur qui se presse contre moi avec tant d’enthousiasme. Je me tasserais un peu sur mon siège, pour me mettre à sa hauteur, et je le prendrais dans ma bouche. Je lui offrirais une fellation silencieuse, un instant volé, sans avoir vu son visage, sans connaître son nom, simplement parce que son odeur m’affole, tout comme le contact de son ventre poilu sur ma joue.

    Au bout d’un long moment, bien trop long pour quelqu’un qui cherche simplement un pull ou un livre, il se reprend, et s’éloigne de moi au ralenti. Nous ne sommes plus en contact. Je lève les yeux et je croise un regard intense. Un jeune homme ébouriffé me sourit et me dit mille choses de ses yeux, avant de se rasseoir à nouveau derrière moi. Sa compagne l’a-t-elle rappelé à l’ordre ? A-t-elle repéré son manège ?

    Je tâche de m’intéresser à la Crête. Sans succès. Mes pensées vagabondent. Il revient, il me prend par la main, m’entraîne au fond de l'appareil… même les hôtesses de l’air se sont endormies dans cet avion de la Belle au bois dormant. Il me prend doucement contre le mur, relevant mes jambes pour mieux s’enfoncer en moi, me portant sans effort…

    Le pilote choisit ce moment pour rallumer les lumières et annoncer notre atterrissage proche, brisant la magie de mon fantasme.

    Je ne le reverrai pas.