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    C'est la rentrée, avec son cortège de choix, de décisions, d'inscriptions, de bonnes résolutions ... des moments toujours pénibles (pour moi !)...

    Un petit billet en forme de confession pour fêter cette fameuse rentrée, qui heureusement, offre aussi certaines joies, dont il n'est pas question ici pour l'instant, mais peut-être plus tard :-)

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Parfois, je voudrais avoir fait d’autres choix de vie, être restée libre, indépendante, sans enfants ni responsabilités… profiter de mes week-ends à fond, entre grasses matinées, brunchs, expositions et rencontres avec mes amis restés de joyeux célibataires plein d’entrain ; pouvoir écrire tout mon soul, marcher des heures, visiter des châteaux… 

Souvent, je voudrais à nouveau tenir un tout petit contre mon cœur, s’abandonnant en confiance dans mes bras, fermant les yeux avec une bulle au coin des lèvres… Donner la vie à nouveau, et me consacrer, me dévouer à ce nouveau né si fragile… Je sais pourtant la dose d’abnégation qu’il faut rassembler, la servitude que cela représente… j’en sors à peine et je redeviens déjà nostalgique…

J’aime être aimée, choyée, chouchoutée, protégée par mon amour, le retrouver soir après soir, m’endormir sur son épaule après de tendres câlins…

J’aimerais connaître un autre homme, caresser une autre peau, humer un autre parfum, ressentir à nouveau les sensations du début d’une histoire, aussi éphémère soit-elle, une nuit ou une heure… parfois, un regard croisé menace de m’entraîner de façon inexorable, m'hypnotise...

Je rêve de me poser, de m’installer pour toujours dans une grande maison avec un jardin, de ranger mes livres dans une immense bibliothèque, de m’enraciner dans un quartier, une ville, et m’y sentir bien… (Mais un appartement en centre ville ce serait bien aussi non ? Et pourquoi pas une maison dans le sud, pour avoir enfin chaud ?)

J’aimerais m’en aller, me sentir dépaysée, préparer ma valise, mes bagages, emballer le strict nécessaire, et partir, légère, avec les gens que j’aime, laissant tout dernière moi, pour découvrir d’autres lieux, d’autres personnes, retrouver le frisson de l’inconnu, aller de découvertes en surprises, emmagasiner des souvenirs pour toujours… Je rêve de voyages, de poser mes yeux sur d’autres paysages, respirer un autre air, entendre d’autres accents, jouer les touristes dans des villages oubliés….

Je préfère le confort de ma vie parisienne, pas de sacs à porter, d’avion à prendre, d’enfants à gérer, de réservations à faire… je trouve toujours mille bonnes raisons...

Je voudrais apprendre, m’inscrire à des cours, des conférences, des stages, faire du sport, du chant, de l’histoire…. Mais toute atteinte à ma liberté déjà restreinte me pèse…

Je préfère garder mon temps libre, mon bien le plus précieux, et butiner, papillonner, ne m’engager sur rien surtout…quitte à regretter ensuite …

Je voudrais me perdre dans l'écriture, laisser voler mes doigts sur le clavier, oublier le temps, le laisser filer, noircir des pages entières…

Je voudrais sortir, explorer, visiter des musées, me promener dans des jardins, rencontrer des gens, rire avec des copines, m’enflammer, arrêter de m’enfermer, reprendre une intense vie sociale …

Je  préfère souvent m'enfermer dans un nid douillet, devant mon ordinateur chéri, pour lire, écrire, m'amuser avec mes amis virtuels, rire de leurs statuts, admirer leurs photos, solitaire, mais en réalité chaudement entourée.

 

Finalement, je ne choisis rien.

Tout choix est un renoncement

Toute décision est une torture

 

Je préfère rester sur le fil, sur le seuil, garder toutes les portes ouvertes, me tenir à la croisée des chemins et ne plus en bouger …

 

Mon homme a beau me dire que ne pas décider c’est laisser le temps, les autres le faire à sa place… j’ai beau le comprendre, en théorie, je ne me décide toujours pas ;-)

 

Une amie de Facebook, Layla Lee, m'a peut-être donnée une clef avec ce statut il y a quelques temps. Je l'ai recopié soigneusement, pensant qu'il contenait un bout de solution.

Making a decision usually means taking one of two roads. One is doing the right thing. To take the other road, you have to sit back and spin a story around the decision or action you are taking. If you find yourself thinking up an elaborate justification for what you are doing, you are not doing the right thing.

 In French, cela donne :

Prendre une décision signifie souvent choisir une des deux routes. L'une est la bonne. Pour prendre l'autre, vous devez inventer une histoire autour de la décision prise. Si vous vous surprenez en train d'élaborer des justifications compliquées, vous ne prenez pas la bonne route.

 

Mon souci, c'est que je n'ai pas l'impression d'avoir deux routes devant moi, mais une bonne dizaine, avec chacune autant d'embranchements se répliquant à l'infini, de façon vertigineuse, comme une image fractale ou un arbre millénaire...

 

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Est ce que vous aussi vous connaissez les affres de l'indécision ? Avez-vous des "trucs et astuces" ? Vos témoignages m'intéressent !

 

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 Photos prises sur le net

 

Autres citations et variations sur ce thème pouvant m'aider, pouvant vous aider ...

 

Laure Deane Eynard il faut qu une porte soit ouverte ou fermée [Musset] Face à un problème clair, il ne faut pas chercher un compromis ni rester dans la demi-mesure. Autrement dit, entre deux solutions opposées, il n'y a pas de troisième réponse : il faut faire son choix.

 Sénèque : Toute la vie de certains hommes se passe dans une éternelle indécision. Extrait : De la tranquillité de l'âme - Ier siècle.