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            Un faible aperçu des tourments qui me torturent à longueur de journée…


            Dès le matin, à peine réveillée par deux cafés serrés, j’ouvre mon ordinateur et je suis aussitôt assaillie d'articles sexo, de publicités pour sextoys, d'infos sur le libertinage, de photos de filles nues plus belles les unes que les autres (mais où sont les garçons ?) …

            Il faut bien se documenter pour écrire, inventer et imaginer des situations ! J’accepte donc facilement en « ami » des maîtres et des soumis, des échangistes, des chroniqueurs de tout poils… je sais que je fais des déçus parmi les soumis qui me contactent timidement, entre autres, mais je ne peux pas contenter tout le monde… mon objectif est avant tout purement ethnologique ! Comprendre et m’informer ! Bon, et me rincer l’œil aussi, m’amuser, sourire, me pourlécher les babines avec les témoignages coquins et les infos salaces postées par les copines...

            Je gère tout cet afflux, j’engrange, des histoires naissent et meurent en un instant, s’imposent, exigent parfois d’être écrites sur le champ… Si je m’y mets, je sais que je vais écrire des heures, à en oublier de manger, sauf le chocolat qui y passe par tablettes entières (lapins entiers ces temps ci). La tension monte, j’écris presque de manière automatique, en transe, mes jambes se serrent toutes seules l’une contre l’autre, je suis de plus en plus tendue, des fantasmes jaillissent, vivent leur vie, et je tente de les transcrire à toute allure.  Je devrais arrêter, faire une pause, me caresser et me soulager. Je ne prends pas le temps, je continue d’écrire, sinon le fantasme va m’échapper comme un rêve au réveil. Je serre et croise les jambes un peu plus fort. La jouissance me tourne la tête un instant, je dois arrêter d’écrire, me poser, laisser la vague de plaisir m’envahir et refluer, avant de m’y remettre, galvanisée, heureuse, réjouie dans mon corps.

            (Bon, souvent, je dois avouer que la fièvre d’écrire ne me saisit pas, je me contente de bailler aux corneilles, de me promener sur Facebook et ailleurs... dans la vraie vie aussi, pour de vraies visites et de vraies rencontres… mais ceci est une autre histoire… )

 
            Le soir, tard, je me glisse avec reconnaissance dans des draps frais pour lire quelques pages. Je sais que je ne vais pas tarder à m’endormir. Je me sens déjà toute engourdie de sommeil.  L’homme me rejoint, et, curieux, fouille ma pile de livres en quête de nouveautés. Il feuillète mes dernières acquisitions d’un air faussement désintéressé, un peu déçu d'avoir terminé si vite Le sexe gourmand et ses si agréables intermèdes. Il ignore le dernier Murakami pourtant bien en évidence, et s’empare d’Osez 20 histoires de voyeurs et d’exhibitionnistes fraîchement arrivé. Bientôt, on n’entend plus que les pages qui tournent. Moi, je me suis accrochée à mon Sex in the kitchen, ragaillardie par ses pétulantes héroïnes pleine d'énergie qui me redonnent un peu la pêche malgré mes paupières qui se ferment toutes seules. Je finis par me rendre. J’ai tout juste la force de poser le livre et d'éteindre la lumière avant de plonger dans un profond sommeil. La petite tension ressentie au creux des jambes n’est pas de taille à lutter contre le sac de sable que je viens de recevoir sur la tête.


            C'est sans compter sur l'homme qui se rapproche derrière moi, souffle dans mon cou, pose ses mains partout. C’est si agréable, je ne résiste pas, je me retourne vers lui en soupirant de bien-être sous ses caresses. Il sait que son temps est compté, il connaît sa marmotte préférée, et va droit au but. Il prend ma main et la pose sur son sexe dur, qui palpite et réagit à mon toucher. Ce contact m'émeut toujours, je le caresse doucement, m’amusant de ses réactions, de sa vie indépendante. J’ai de plus en plus envie qu'il entre en moi et y déverse son plaisir. J’ai envie que tout mon corps y participe, et pas seulement mes mains.  Je veux son poids sur moi, son sexe au cœur de mon corps, je veux qu'il bouge et prenne son plaisir ainsi. Je suis de plus en plus réveillée.

            Mais il est si généreux, si aimant, si attentionné, si doux, si amoureux du corps et du plaisir des femmes… Il en est incapable. Des qu'il a deviné la force de mon désir, il descend sous les draps, entre mes jambes, approche sa bouche, sa langue de mon intimité, se faufile entre mes lèvres, me goutte, et se réjouit de mon désir. Il revient vers moi, il sait que cette caresse à cette heure tardive m’est trop douce, et murmure des mots coquins à mon oreille qui achèvent de me réveiller.

            -  Alors, quand est ce que ta rose fait des bêtises ? j'ai envie de la humer le soir à mon retour quand elle n'a pas été sage !  Elle n’est pas affolée par toutes tes lectures, tes tchatts à longueur de journée ?

            Il joue les diables tentateurs, m’offre à des inconnus imaginaires, m’autorise toutes les folies et libertés en me pénétrant doucement. Il m’étreint fort, j’ai envie qu’il me prenne plus fort encore, pour lutter définitivement contre le sommeil qui s’éloigne. J’ai besoin d’être serrée, dévorée, qu’il ne pense qu’à lui pour une fois, mais je suis de plus en plus trempée de désir. Il ralentit, retrouve sa douceur naturelle, se montre caressant, à l’écoute de mon corps.

             - Mmm comme j’aime quand tu es toute mouillée comme ça, comme j’aime ton désir de femme !

            Je sens le plaisir se réveiller, percer la carapace du sommeil, s’imposer, entamer une longue montée vers l’orgasme. Mon chéri ne pense plus qu’à moi, s’ajuste à mon rythme, se colle à mon bas ventre qui le cherche, se frotte contre moi, glisse une main sous mes fesses et les pétrit doucement, s’enfonçant plus loin encore en moi et déclenchant le plus doux des plaisirs. Il se laisse vite entrainer à ma suite, je perçois comme dans un rêve son souffle s’accélérer, son léger râle si troublant. Je flotte encore dans les échos de mon plaisir, je ne suis pas redescendue sur terre, et nous nous jouissons ensemble, soudés l’un à l’autre, pendant un instant qui dure une éternité.  

            Je repose dans ses bras, je suis trop ensommeillée pour parler, le caresser. Je m’attarde à peine, je réunis mes dernières forces pour m’extraire de ses bras et m’endormir aussitôt, à peine rafraichie par sa semence qui coule sur mes jambes, tiède et agréable, comme une dernière caresse.  

 ***

          Bien sûr, tout ici n'est que fantasme, imagination et rêve éveillé... même si toute ressemblance avec des faits et personnages réels n'est pas totalement fortuite....

          La machine à écrire de la photo m'attend chez un brocanteur ... dès que je vis dans le château de mes rêves, je cours la chercher !

 

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